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Que retenir du dernier discours de Mark Carney à la tête de la Banque du Canada?

Hier, dans une atmosphère plutôt solennelle, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a fait son dernier discours de politique monétaire avant qu’il ne prenne les rênes de la Banque d’Angleterre en juillet prochain.

Sans surprise, le gouverneur a annoncé le maintien des taux à 1.0% mais, dans la foulée des révisions du FMI, la banque centrale a également revu ses calculs concernant l’activité économique et l’inflation. Désormais, la Banque du Canada prévoit une croissance de seulement 1.5% contre 2% précédemment et une inflation qui pourrait atteindre 2% mi-2015 contre mi-2014 selon les premières estimations.

La révision des perspectives économiques a été jugée nécessaire en raison de la force du loonie sur le marché des changes et des exportations plus faibles que prévu du pays, ce qui est lié d’ailleurs directement au taux de change du dollar canadien vis-à-vis du dollar américain. Mark Carney a également considéré qu’il est souhaitable de garder un oeil attentif sur les dépenses immobilières, du fait de la hausse du chômage et de la faible confiance des consommateurs.

Ces perspectives moins bonnes que prévu ne doivent en aucun cas créer un quelconque alarmiste concernant la situation économique du Canada qui demeure, globalement, meilleure que celle de nombreuses autres économies avancées.

Le principal défi à vrai dire du Canada a trait à l’endettement des ménages. Depuis plusieurs années, le gouverneur Carney s’est efforcé de mettre en garde les Canadiens contre le niveau de leur endettement, afin qu’il n’explose pas lorsque les taux directeurs vont remonter. Quasiment à chaque discours de politique monétaire, ce point était bien mis en avant.

A l’occasion de sa dernière intervention à la tête de la Banque du Canada, Mark Carney n’a pour une fois pas brandi la menace d’une prochaine hausse des taux directeurs. Du fait de la faiblesse de l’économie et d’une marge de manoeuvre évidente en termes d’inflation, il a changé son fusil d’épaule en déclarant que les taux directeurs dans la pays ont de fortes chances de rester à des plus bas historiques dans un avenir proche…sous la férule de son successeur.

Le marché des changes reste toutefois sur ses gardes comme le montre l’évolution du loonie hier à l’occasion de ce discours puisque la paire a connu un faible sursaut qui n’aura pas duré plusieurs heures. Les cambistes considèrent que le positionnement de la Banque du Canada n’a pas changé et qu’elle attend simplement une amélioration des conditions économiques au cours des prochains trimestres pour durcir sa politique monétaire.
 

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