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Que se passera-t-il si les Etats-Unis font défaut sur leur dette?

Personne n’est pour l’instant en mesure de savoir quand les Etats-Unis feront défaut sur leur dette si le Congrès et la Maison Blanche ne parviennent pas à un accord pour augmenter le plafond de l’endettement public américain. Toutefois, cette éventualité, qui commence à se rapprocher de plus en plus, donne déjà des sueurs froides au forex.

En effet, les deux partis ont seulement onze jours pour parvenir à un consensus, sachant que le plafond de la dette devrait être atteint le 17 octobre. Si le chaos politique n’est pas évité, il est fort probable qu’à partir du 17 octobre, une apocalypse économique se produise.

A en juger par les documents du Trésor pour l’année dernière, en l’espace de moins de quinze jours, c’est-à-dire vers fin octobre, les Etats-Unis pourraient être officiellement en défaut de paiement. C’est là que les décisions difficiles vont avoir lieu: est-ce que l’administration fédérale, qui a encore des revenus grâce aux impôts pour payer les intérêts de la dette, va décider plutôt de payer les soldes des troupes qui se trouvent en Afghanistan ou les intérêts sur les bons du Trésor détenus par la Chine? Officiellement, l’administration Obama a affirmé qu’elle ne va pas établir des priorités en cas de défaut mais tous les experts s’accordent à dire qu’elle tentera de le faire.

Un défaut de paiement aura des conséquences dramatiques: les pensions de retraite seront versées avec retard, faisant chuter la consommation, tandis que la fermeture de l’administration fédérale va accroître substantiellement les revendications chômage. Dans le même temps, plusieurs entreprises qui ont des liens étroits avec le gouvernement américain, typiquement Lockheed Martin, verront que leurs paiements ne sont plus honorés ou alors avec des semaines voire des mois de retard. Les actions de ces entreprises chuteront en bourse, provoquant une panique boursière, tandis que les employés seront licenciés ou en chômage technique, faisant grimper le taux de chômage des Etats-Unis qui est à 7.3% en août.

Sur le marché de la dette, les obligations étatiques américaines, qui ont jusqu’à présent profité de taux très bas, pourraient augmenter aussi rapidement que ce qui s’est produit pour des pays comme la Grèce ou le Portugal ces dernières années. Les premiers détenteurs de bons du Trésor américain, en l’occurrence la Chine et le Japon, pourraient au passage exercer de fortes pressions politiques sur la Maison Blanche pour que leur investissement, autrefois présenté comme sûr, ne fonde pas en l’espace de quelques semaines.

Sur le marché des changes, la panique boursière toucherait aussi le dollar américain qui pourrait s’effondrer brutalement face à toutes ses contreparties, les cambistes ne sachant désormais plus où trouver refuge. On pourrait anticiper alors une hausse brutale du yen, remettant en cause les priorités de politique monétaire du Japon, et du cours de l’once d’or qui a perdu du terrain depuis le début de l’année. Que pourrait faire la FED dans un tel scénario? Il est peu probable qu’elle ose aller au-delà de son mandat et n’aurait certainement d’autre choix que de renvoyer publiquement la balle au Congrès.

Sous l’effet de cette catastrophe, la croissance économique mondiale serait revue fortement à la baisse, bien en-dessus des 3% initialement prévus, et une récession pourrait se produire en 2014.

Bien-sûr, et il faut le rappeler, un défaut de paiement des Etats-Unis est peu probable et le scénario évoqué ci-dessus part de simples hypothèses qui n’ont jamais pu être vérifiées. Toutefois, le risque politique s’accroit chaque jour un peu plus. Au départ, les turbulences à Washington avaient laissé de marbre les investisseurs mais on a pu se rendre compte ces dernières séances que l’impasse politique pèse déjà sur les cours de la bourse américaine. La contagion est, on le sait, rapide sur les marchés financiers et un vent de panique pourrait souffler dès la semaine prochaine si les investisseurs ne voient pas de porte de sortie rapidement. Bien qu’il ne faille pas céder aux anticipations auto-réalisatrices, la prudence s’impose.
 

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