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Six leçons à retenir sur l’économie française et la Bourse de Paris en 2013

La croissance française sera incapable de relancer l’emploi

La tendance au rebond pour l’économie française est loin d’être assuré puisque le premier et le troisième trimestres ont affiché de mauvaises performances. Dans ces conditions, les perspectives pour l’année 2013 restent mauvaises. Le gouvernement table sur une croissance de 0.1% contre 0.2% pour l’INSEE. Certains anticipent même le retour en récession au deuxième semestre ce qui pourrait entraîner une diminution du PIB.

Dans tous les cas, les écarts restent faibles et la reprise aussi. De fait, l’objectif du gouvernement d’inverser la courbe du chômage à la fin de l’année semble compromis même avec l’apport des emplois aidés. Un chiffre est suffisamment parlant pour souligner les difficultés économiques du pays: le secteur privé emploie désormais le même nombre de personnes qu’en 2005. A l’inverse, d’autres pays, comme les Etats-Unis, ont presque réussi leur pari de retrouver l’intégralité des emplois détruits par la crise financière mondiale commencée en 2007.

Le coeur de l’économie française est à l’arrêt

Malgré le positionnement pro-industrie du gouvernement, l’essentiel des richesses de la France vient du secteur des services. La dernière enquête mensuelle de la Banque de France a montré que ce secteur est à l’arrêt avec même une prévision baissière pour décembre. Les effectifs peinent à se renforcer et les prix continuent de chuter. Le secteur des services en France est à l’image des secteurs primaire et secondaire, à la traîne. Sans renouveau dans les services, l’emploi peinera à retrouver un niveau plus soutenable.

La confiance est rompue

Les couacs de la communication gouvernementale et les résultats médiocres de l’économie française ont rompu la confiance nécessaire pour que les consommateurs et les entreprises face tourner l’économie. Pire, le gouvernement a fait reposer l’essentiel de l’effort de consolidation budgétaire sur la hausse des impôts, créant une instabilité fiscale négative pour l’investissement et pénalisant un retour de la consommation. Dans les faits, les Français sont plus enclins à épargner, ce qui grippe le fonctionnement vertueux de l’économie comme souligné par le modèle keynésien de la demande. Dans ces circonstances, les perspectives restent négatives et la faible croissance attendue en 2014 ne pourra probablement pas changer fondamentalement la donne.

L’agenda politique empêche toute réforme

Les réformes de début de mandat, comme le pacte de compétitivité, ont été saluées par les économistes mais face à la fronde sociale et à un agenda politique à partir de 2014 qui va être dominé par des élections successives à risque, le gouvernement a choisi la politique des petits pas au risque de ne pas avancer suffisamment vite pour offrir un nouveau modèle de croissance à la France.

Le chantier nécessaire de la réforme fiscale a été abandonné pour l’instant et, selon le Premier ministre, il faudra au moins 10 ans pour le mener à bien. En politique française, cela s’appelle repousser aux calendes grecques. Le contexte difficile aurait dû favoriser la prise de décisions rapides, par décret lorsque possible, pour restructurer au plus vite l’économie française. Connaissant les fortes rigidités face au changement de la France, une réforme fiscale n’est pas prête d’aboutir. A l’image des autres chantiers nécessaires, comme la réforme à long terme du système de retraite. Sans ces réformes structurelles, la France ne peut espérer qu’une croissance atone incapable de créer des emplois.

La France, leader des PIIGS?

Les dégradations survenues sur la note de la dette de la France ne se sont pas traduites par une hausse du coût d’emprunt du pays, ce qui est la preuve que l’Etat français a encore pleinement la confiance des investisseurs étrangers. La dette de l’Etat est ainsi détenue à près de 60% par des étrangers ce qui montre bien son attractivité.

En revanche, le décrochage de l’économie française est réel. Si le pays fait encore partie du coeur économique de l’Europe, il perd du terrain face aux PIIGS qui ont dû se réformer douloureusement sous la supervision de la troïka. La perte de compétitivité de l’économie nationale ne cesse de s’accentuer depuis les années 2000, notamment parce que les gouvernements successifs ont été incapables de réformer en profondeur son marché du travail. L’Espagne ou le Portugal commencent déjà à apparaitre sur certains créneaux industriels comme de sérieux challengers de la France car ces pays ont réussi à restaurer leur compétitivité-prix.

Le CAC 40 ne réagit pas aux fondamentaux de l’économie française

L’année 2013 a marqué la fin de la morosité à la Bourse de Paris puisque l’indice CAC 40 finit décembre au-dessus du niveau des 4.000 points, soit un retour aux niveaux de fin 2011. Depuis janvier, la hausse est de plus de 12% et le rallye traditionnel de Noël pourrait encore aider ce mouvement.

Alors que les fondamentaux économiques français restent dans l’ensemble mauvais, le CAC 40 a suivi la tendance esquissée par les autres principales hubs financiers sous l’effet des politiques monétaires accommodantes des banques centrales et surtout de la FED. Plus que jamais, c’est bien la politique monétaire américaine qui fait la tendance à Paris. La perspective du “tapering” devrait confirmer cet état de fait pour 2014.

 

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