Press "Enter" to skip to content

Stiglitz rejoint chinois et russes sur le dollar

Un rapport publié la semaine dernière par le Trésor américain a fait état d’une baisse du montant de bons du Trésor détenus par la Chine, une baisse considérée comme record par les experts. Depuis le début de l’année, la Chine a en effet cherché à diversifier ses avoirs, du fait de l’affaiblissement de la devise américaine. Cet affaiblissement devrait se poursuivre comme l’a d’ailleurs rappelé dans les colonnes du New York Times le magnat Warren Buffett.

La dépréciation du dollar sur le marché des changes sous l’effet de la crise économique et financière, en dépit d’ailleurs de son statut de valeur refuge, a poussé certains pays, au premier rang desquels la Chine et la Russe, à une remise à plat du système monétaire international. Les formes divergent mais tous réclament une diversification des devises de réserve internationale.

Le lauréat du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, s’est joint récemment à ces appels véhéments de la part des pays émergents. Lors d’une intervention à l’Université Columbia, il a joint sa voix à celle de Pékin et de Moscou, appelant à l’émergence d’un « nouveau système de réserves mondiales ». Il part d’un constat qui est en fait partagé par de nombreux observateurs : le dollar pâtit d’un degré de risque élevé alors qu’il est encore perçu par de nombreux acteurs du marché des changes comme une valeur refuge. Il suffit, pour s’en rendre compte, de constater le rebond du dollar en début de semaine dernière suite à la dégringolade des bourses asiatiques. Même si le yen a plus tendance à profiter d’un regain d’inquiétudes des investisseurs que le dollar, ce dernier n’en reste pas moins une valeur refuge par excellence.

Pourtant, force est de constater que le dollar a perdu près de 12% de sa valeur depuis le 5 mars dernier face à un indice composé de l’euro, du yen et de quatre autres monnaies. La devise américaine ne procure plus, à l’heure actuelle, de rendement et elle devrait encore s’affaiblir à cause des montants colossaux qui ont été injectés dans l’économie américaine par le gouvernement afin de sortir de la crise. Joseph Stiglitz redoute que ces injections massives ne résultent en bulles spéculatives en raison du manque de possibilités d’investissement. La conséquence directe d’une telle politique expansionniste pourrait être un regain d’inflation.

Très critique vis à vis du capitalisme, Joseph Stiglitz souligne que ce dernier n’a résisté que grâce à l’intervention massive des gouvernements. Même s’il reconnaît que la récession semble être dans une phase terminale, il met en garde les gouvernements contre la hausse du chômage. D’après les principales banques centrales, un décalage important devrait avoir lieu entre la croissance économique et l’évolution du chômage. Elles redoutent que le chômage continue d’augmenter fortement pendant plusieurs semestres en dépit du retour à la croissance.

Pour approfondir :

La Chine pourrait-elle lâcher le dollar?

Yuan : le revirement de Washington

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *