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Suite à l’accord avec la troïka, Chypre est de facto hors de la zone euro selon plusieurs économistes

L’annonce de l’accord trouvé entre Chypre et la troïka a, dans un premier temps, entrainé une réaction positive des marchés, avec notamment une hausse de l’euro face au dollar mais, en l’espace de seulement quelques heures, la bonne humeur matinale s’est estompée.

Les implications de l’accord ont en effet échaudé plus d’un économiste. Dans un intéressant post de blog, l’économiste américain Tyler Cowen, considère que de facto Chypre est hors de la zone euro.

Il résume son propos ainsi:

Les contrôle des capitaux devront être strict. Que sera le prix d’un euro chypriote par rapport à un euro allemand? 50? J’appelle cela quitter la zone euro mais en gardant le mot “euro” afin de ne pas perdre la face“.

En d’autres termes, puisque Chypre envisage d’imposer de strictes restrictions sur les capitaux quittant le pays, un euro dans une banque à Chypre risque fortement de ne pas avoir la même valeur qu’un euro dans une banque allemande.

Ed Conway, reporter spécialisé en économie qui intervient régulièrement sur Sky News, abonde dans le même sens en expliquant davantage les enjeux de l’imposition d’une restriction sur la circulation des capitaux dans un post de blog hier soir:

Si les contrôles de capitaux sont mis en place correctement, c’est la fin du système monétaire tel qu’on le connait – ou du moins c’est plus probablement la fin de Chypre au sein de ce système. Un euro à Chypre aura soudainement moins de valeur qu’un euro en Allemagne ou même en Grèce. Ou, pour parler en termes plus économique: il y a une règle fondamentale en politique économique qui stipule que les Etats doivent choisir deux (mais pas trois) des paramètres suivants: la politique monétaire indépendante ( en d’autres termes la possibilité de choisir son propre taux d’intérêt), un taux de change fixe et les mouvements libres des capitaux. Les économistes appellent cela la “trinité impossible” parce qu’il est tout simplement impossible d’avoir les trois à la fois. Si Chypre abonne la liberté des mouvements de capitaux, la prochaine étape économique logique serait d’avoir sa propre politique monétaire indépendante, en d’autres termes de quitter la zone euro“.

Sur Twitter, et au sein des centres de réflexion européen, comme Open Europe, des propos similaires circulent dans les cercles économiques.

Chypre reste officiellement membre de l’Union monétaire mais, de facto, il apparait que l’île sort progressivement de la zone, du moins au regard de la théorie économique. Les experts restent encore prudents car l’accord doit certainement passer le filtre du parlement chypriote et peu d’informations circulent concrètement sur la manière dont Chypre envisage de mettre en place son contrôle sur les flux financiers. Les banques de l’île vont rouvrir dans les prochains jours. Plus d’informations devraient donc être communiquées d’ici là. On peut cependant souligner que le précédent chypriote risque de remettre fondamentalement en cause la manière dont la zone euro gérait jusqu’à présent la crise souveraine.
 

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