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Taux d’intérêt : décision responsable de la BCE

La Banque Centrale Européenne fut loin d’être épargnée cette semaine par le flot de critiques lancées d’Espagne, de France évidemment, et plus inattendu, d’Allemagne. Les voix se sont ajoutées aux voix, celle de Nicolas Sarkozy a rejoint celle du chef de gouvernement espagnol, celle de Madame Lagarde a rejoint celle de Monsieur Fitoussi.

Pour autant, sachant comment le marché des changes s’est comporté suite à l’annonce du relèvement des taux, qui sont passés comme prévu de 4% à 4,25%, ces critiques semblent un peu exagérées.

En effet, la volatilité qui a dominé le début de semaine a laissé augurer un scénario catastrophe qui aurait consister en une dégringolade importante du dollar sur le Forex face aux principales devises, notamment l’euro. La publication mercredi des chiffres de l’emploi outre atlantique, où le secteur privé a supprimé pas moins de 79 000 emplois le mois dernier, a laissé prévoir le pire.

Un tel climat fut évidemment profitable aux valeurs refuges dont le franc suisse. La couronne tchèque fut probablement l’une des grandes gagnantes de la semaine en alignant un nouveau record face à la monnaie unique européenne et face au dollar. La couronne tchèque s’est hissée à 23,87 face à l’euro et à 15,11 face au dollar. Par ailleurs, le dollar australien ne fut pas en reste puisqu’il a connu une nouvelle hausse face à l’euro et au dollar sous l’effet d’une croissance plus forte que prévu des ventes de détail en Australie.

Le chaos attendu suite à l’augmentation du différentiel de taux entre la Fed et la BCE ne s’est pas produit pour le moment et encore moins la crise boursière majeure prophétisée par Morgan Stanley et Royal Bank of Scotland. En effet, sous l’effet principalement d’un ton moins haussier que prévu, Jean Claude Trichet a confirmé lors de sa traditionnelle conférence de presse que la hausse opérée ne signifie pas pour l’instant le début d’un cycle haussier à la BCE. Rassurés, les investisseurs n’ont alors pas effectué de cessions inhabituelles du dollar en faveur de l’euro sur le marché des changes. Vendredi, principalement en raison de jour férié outre atlantique, la paire euro/dollar s’affichait relativement stable dans un marché très peu actif.

En décidant d’une hausse de simplement 25 points de base et en repoussant pour l’instant de nouvelles hausses, la BCE a montré qu’elle agit avec responsabilité, en prenant garde à ne pas brider la croissance, bien que l’objectif de contenir l’inflation reste sa priorité absolue.

Enfin, bien que le yen s’est affiché en bonne santé cette semaine sur le Forex, la situation économique au Japon ne cesse de se dégrader. En effet, l’indice Tankan de confiance des grandes entreprises manufacturières a connu un nouveau retrait au mois de juin, atteignant désormais le niveau de septembre 2003. La vitalité du yen s’explique essentiellement par les stratégies de carry trade qui permettent de soutenir le cours du yen sur le marché des changes.

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