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Vers une appréciation du dollar pour 2008 ?

Au cours de l’année 2007, la crise des subprimes provoquée par l’incapacité des ménages américains à rembourser leur dette suite à l’augmentation du taux directeur par la FED conjuguée à une dépréciation du prix des logements sur le marché immobilier américain, a plombé la monnaie américaine par rapport aux autres devises, spécialement l’euro.

Depuis le début de l’année, le dollar a chuté de près de 9% par rapport à la monnaie commune européenne. Une crise de confiance par rapport au marché américain a alors frappé les investisseurs qui ont évacué massivement leurs capitaux vers des marchés plus sûrs tels que le marché européen ou le marché chinois en pleine expansion.

Cependant, depuis octobre, cette tendance semble s’inverser comme le prouve la lente remontée du dollar. L’agence Bloomberg a rendu public l’avis d’analystes qui s’accordent tous à envisager une remontée du dollar estimée à 3,4% en 2008. Cette remontée s’explique par la capacité de l’économie américaine à affronter les turbulences et à les surmonter. Bien que gravement touchés par la crise financière, les établissements bancaires outre-atlantique ont la capacité de trouver des capitaux afin de faire face aux difficultés résultant de la crise du crédit hypothécaire. Au besoin, la banque centrale peut injecter des liquidités dans l’économie si la crise n’était pas résolue rapidement. Surtout, l’attractivité du marché américain et le potentiel de croissance dont il dispose attirent automatiquement les investisseurs ce qui ne peut qu’encourager l’appréciation du dollar à terme.

Pour autant, en dépit d’une faible amélioration récente de la balance des paiements, la remontée du dollar est considérablement handicapée par l’endettement excessif et continu des Etats-Unis qui grippe la croissance américaine ce qui explique la tendance de fond à la baisse du dollar. Cette tendance affecte négativement les exportations des économies partenaires, particulièrement européennes, alors que la BCE campe sur une ligne de hausse de ses taux. En cette année d’élection présidentielle, il est à parier que tous les moyens vont être sûrement mis en œuvre afin de redresser l’économie américaine et de redorer la valeur du billet vert par rapport à ses concurrents directs afin de donner à ce « grand pays » une « grande monnaie », pour paraphraser Nicolas Sarkozy, plaidant pour un dollar fort et compétitif, lors de sa visite à Washington en novembre dernier. 

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