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Voici le pays qui détient le glorieux record mondial d’inflation

49.4% en septembre, c’est le taux d’inflation du Venezuela, première réserve de pétrole mondiale selon l’OPEP, et pays dirigé depuis 1998 par le chavisme. Le successeur d’Hugo Chavez, Nicolas Maduro, n’a pas réussi à stabiliser l’économie du pays qui est sur une pente glissante depuis plusieurs années. Les expropriations, signaux négatifs envoyés aux potentiels investisseurs étrangers, et les contrôles étroits sur l’économie et les flux de capitaux ont entraîné, sur fond de déficit abyssal lié au clientélisme électoral, des pénuries croissantes depuis la fin de l’année dernière.

Les journaux internationaux ont abondamment relayé ces informations, montrant les Vénézuéliens désespérément en quête de papier toilette ou encore de vin de messe. Des pénuries qui sont presque dignes des pays les moins avancés ou en conflit alors que le Venezuela possède des richesses naturelles sans pareil.

L’incurie économique du pays s’amplifie tandis que le climat politique devient de plus en plus délétère. Selon Nomura, le Venezuela fait désormais partie des pays qui pourraient faire face dans les prochains mois à des troubles sociaux et politiques avec des conséquences économiques déstabilisantes. La corruption est l’un des nombreux problèmes du pays, notamment au sein du parti au pouvoir. Afin de reprendre les choses en main, le président Nicolas Maduro essaie d’obtenir un changement constitutionnel visant à renforcer substantiellement ses pouvoirs, ce qu’avait déjà fait en son temps Hugo Chavez. Le défi est cependant plus difficile pour son successeur qui ne possède ni la légitimité ni le charisme de l’ancien leader. Son élection au printemps dernier face au gouverneur Henrique Capriles Radonski a notamment été contestée par plusieurs observateurs étrangers.

L’accroissement des pouvoirs présidentiels est officiellement présenté comme le seul moyen pour lutter contre la corruption, qui touche jusqu’aux plus hauts représentants élus, notamment le président de l’Assemblée Nationale Diosdado Cabello. Mais, selon les opposants au régime, Nicolas Maduro pourrait aussi en user pour renforcer son contrôle sur l’économie et lutter contre les opposants. Il a ainsi, il y a quelques jours, demandé à ce que les journalistes ayant fait mention des pénuries de gaz naturel en 2001 soient condamnés à la prison à vie. Dans un pays où la justice n’est pas indépendante, de tels propos peuvent avoir des répercussions réelles sur la vie de ces journalistes.

Le désastre économique et la lutte contre toute opposition, même lorsqu’il est question de journalistes faisant simplement leur travail, risquent de plonger le pays dans ses heures les plus noires. Entre-temps, l’appauvrissement des Vénézuéliens se poursuit avec une inflation qui semble désormais totalement hors de contrôle.
 

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