Press "Enter" to skip to content

Voici l’homme qui a (un peu) rendu le sourire à l’euro aujourd’hui

Il ne s’agit ni de Ben Bernanke ni de Mario Draghi. William Dudley est certainement un nom que peu de traders particuliers ont déjà entendu. Il s’agit du président de la Réserve Fédérale de New York, membre de fait du FOMC de la FED qui décide de la politique monétaire américaine. Proche de Bernanke et classé comme “dovish” par les médias, c’est-à-dire favorable au cycle d’assouplissement quantitatif, il a apporté un soutien inespéré aujourd’hui lors d’un discours à l’euro et aux marchés boursiers centralisés.

Il a en effet déclaré que l’économie américaine, et notamment le marché du travail dont l’évolution sert d’objectif de politique monétaire, est encore loin d’être sortie d’affaire, ce qui pourrait forcer la banque centrale américaine à revoir sa copie. L’économie pourrait significativement diverger des prévisions de la FED, ce qui ne serait pas une première puisque ce fut le cas également l’an dernier. Cela aurait pour conséquence directe le maintien des mesures d’assouplissement quantitatif alors que Ben Bernanke a laissé auguré la semaine dernière un retrait prochain.

Ces propos ont joué favorablement sur le moral des investisseurs, l’euro évolue ainsi dans le vert aujourd’hui face au dollar américain.

Cependant, si on regarde de près ces propos, ils ne sont en rien contradictoires avec ceux tenus par le chef de la FED il y a peu. Ce dernier s’évertue depuis le début de la crise à préparer les agents financiers à la fin des mesures de soutien, en jouant sur la canalisation de leurs anticipations. L’exercice de la semaine dernière n’avait pas d’autre objectif que de préparer les investisseurs à la hausse future des taux, en fournissant un calendrier vague et qui est susceptible d’être modifié, comme l’a reconnu sans sourciller Ben Bernanke.

Le marché n’en a cure et essaie rarement de lire entre les lignes. D’où la réaction qu’on a pu constater depuis quelques jours à la baisse sur les marchés. On peut toutefois espérer le retour du calme sur le forex d’ici peu car la période estivale s’ouvre, propice habituellement à un désengagement des investisseurs et à une faible volatilité. Les cambistes auront donc deux mois pour digérer les annonces de la FED avant de revenir sur le marché.
 

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *