Le bulletin du marché des changes

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En dépit de l’aversion au risque sur le marché des devises qui a poussé pendant une première partie de semaine l’euro à la baisse, la devise de l’euroland a réussi l’exploit de remonter à partir de jeudi face au dollar, et moins sensiblement face au yen.

Nombreux furent les analystes qui ont attribué cette hausse à l’apport de liquidités de la BCE aux banques de la zone euro et à la réussite de l’émission obligataire de l’Espagne alors que l’agence de notation Moody’s fait peser un couperet sur la note de crédit du pays.

En fait, ces deux évènements, bien qu’ils aient compté, cachent probablement la création d’une bulle spéculative sur l’euro. En effet, les investisseurs s’attendent de toute évidence à ce que l’euro trébuche d’un moment à l’autre mais, comportement moutonnier aidant, ils achètent pour mieux vendre ensuite.

Au cours du deuxième semestre qui s’annonce, la monnaie unique européenne devrait être encore la grande perdante du marché des changes bien qu’elle connaisse des sursauts éphémères à la faveur de rebonds techniques ou de bulles spéculatives. Sur le moyen terme, l’euro a peu de chances de se sortir d’affaires. Certains journaux anglais évoquent même des discussions secrètes entre Paris et Berlin afin de lancer un euro du Nord (pour les pays sains comme l’Allemagne et la France) et un euro du Sud (pour les pays en fort déficit comme les pays ibériques, la Grèce voire l’Italie). De telles spéculations ne sont évidemment pas fondées mais elles montrent à quel point la défiance vis-à-vis de la zone euro est importante.

Cette semaine, cette défiance est passée au second plan à la faveur d’un accroissement des inquiétudes des investisseurs concernant la santé économique de la Chine et des Etats-Unis. En effet, certains indicateurs laissent à penser que la machine chinoise fonctionne au ralenti, comme l’a souligné l’indice PMI du mois de juin. Cependant, les inquiétudes autour de la Chine et des Etats-Unis sont pour l’instant exagérées. Bien qu’une crise du dollar est imaginable, elle ne devrait pas intervenir dans l’immédiat.

Ces inquiétudes se sont néanmoins répercutées sur les places financières mondiales, poussant à la baisse presque tout au long de la semaine les principaux indices boursiers. Cette baisse s’est répercutée sur le marché des changes avec un déclin du rouble, de la couronne danoise ou encore du dollar australien qui fut pénalisé en plus par la publication de mauvais indicateurs.

Que ce soient en Chine, aux Etats-Unis, en Australie ou même dans la zone euro, tous les indicateurs plaident en faveur d’un ralentissement de la reprise économique. De quoi inquiéter les investisseurs et donner vie de nouveau aux spéculations concernant une double récession.

Seuls quelques havres de paix semblent subsister en cette période d’incertitude. La Pologne est au premier rang avec une devise, le zloty , qui affiche des performances enviables. En effet, elle n’a cessé de progresser depuis des semaines face à l’euro, s’affichant comme l’une des devises émergentes les plus solides.

Une fois que l’incertitude sera passée, les dollars des antipodes devraient reprendre leur cycle haussier, à l’instar de la livre sterling qui apparait comme l’une des devises les plus solides du G10 alors qu’elle était donnée pour morte il y a à peine un an en pleine tourmente financière.

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