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Nouvelle semaine agitée sur le marché des changes. L’actualité a été rythmée par la réunion mensuelle de la BCE du jeudi 05 mai. Alors que le Dollar Index touchait un nouveau plus bas à 72,85 points mercredi, le dollar est reparti de l’avant après le discours de Jean-Claude Trichet et s’échange autour des 74,30 points. Cet indice synthétise l’évolution du billet vert face aux six devises internationales majeures. L’indice dollar est composé de l’Euro (58%), du Yen japonais (14%), de la Livre Sterling (12%), du Canadian dollar (9%), du Franc suisse (4%) et de la Couronne Suédoise (3%). Les banques centrales ont tendance à se fier à cet indice pour évaluer la valeur global du dollar. Ainsi, il est intéressant d’observer cet indice qui reflète les effets des politiques monétaires des Banques Centrales sur le Dollar. De plus, les investisseurs sont actuellement guidés par les différentiels de taux entre les banques centrales et favorisent les devises offrant un rendement plus élevé permettant aux cambistes d’effectuer des stratégies de Carry Trade.

En début de semaine, le marché restait volatile et cherchait une direction après la réunion historique de la FED et le discours de Ben Bernanke, au cours de la semaine dernière. Sans grande surprise, la Réserve Fédérale américaine a laissé son taux d’intérêt inchangé autour d’une fourchette comprise entre 0 et 0,25% et le patron de la FED a confirmé le maintien du programme d’achat de titres du trésor américain (Quantitative Easing 2) jusqu’à fin juin. Cette politique monétaire ultra-accommodante a entrainé la poursuite de la baisse du dollar index touchant un plus bas depuis juillet 2008 à 72,85 points, mercredi 04 mai. Ainsi, le maintien durable de la politique monétaire de la Banque Centrale américaine fait du dollar au même titre que le yen une devise d’emprunt pour constituer des stratégies de carry trade sur des devises plus rémunératrices. Cette logique a permis de soutenir, l’euro, le dollar australien et la livre sterling. Cependant, le marché restait calme : les investisseurs attendant la réunion mensuelle de la BCE prévue le jeudi 5 mai.

Par conséquent, l’EUR/USD était sous les feux de l’actualité, principale paire concernée par cette annonce économique. Lundi, la monnaie européenne perdait du terrain face au billet vert et s’échangeait autour des 1,48 dollar. La baisse de la devise européenne faisait suite à un rachat de dollar de la part des investisseurs après l’annonce de la mort de Ben Laden, chef terroriste d’Al-Qaïda. Cette nouvelle levait temporairement une source d’inquiétude au Moyen-Orient. Cependant, la tendance sur la monnaie européenne restait haussière, en effet l’accélération de l’inflation en zone euro atteignant 2,8% en avril, soit une inflation bien plus élevée que son objectif cible de 2% faisant pression sur la BCE et alimentant les attentes de hausse des taux. L’euro se maintenait et résistait face aux prises de bénéfices grâce au différentiel de taux qui lui est favorable par rapport au dollar. En effet, les anticipations de hausse des taux directeurs américains sont très faibles alors que les attentes de hausse des taux de la BCE sont plus fortes. Dans ce contexte, l’euro s’échangeait autour des 1,4880 dollar mercredi avant la réunion de politique monétaire de la BCE. Les investisseurs restaient dans l’attente de l’annonce des taux et du discours de Jean-Claude Trichet très attendu afin d’en savoir davantage sur les dates des futurs relèvements du taux directeur. Alors que les analystes anticipaient un statu-quo monétaire à l’issue de la réunion de politique monétaire de la BCE, plusieurs investisseurs spéculaient sur un resserrement monétaire dès le mois de juin. Un discours plus restrictif préparant un relèvement des taux pouvait amener l’euro à tester les 1,50 dollar. A contrario, un commentaire plus souple pouvait déstabiliser la monnaie unique. Le résultat est sans appel, le changement de ton du patron de la BCE préférant parler d’une « surveillance étroite » au lieu de « vigilance » au sujet de l’inflation, a déstabilisé les investisseurs qui ont vendu massivement la monnaie unique. L’euro s’est nettement déprécié face au billet vert passant de 1,4828 dollar à 1,4506, son plus bas au cours de la séance de jeudi. Alors que le marché anticipait un resserrement monétaire dès le mois de juin avec une probabilité importante, Jean-Claude Trichet a laissé entendre qu’il pourrait reporter sa décision de hausse des taux au mois de juillet voire août.

Par ailleurs, le dollar australien a poursuivi son ascension en atteignant les 1,1013 dollar lundi 02 mai, un plus haut historique depuis 1983. Mardi, l’aussie connaissait un début de correction revenant autour des 1,0850 dollar après la réunion de la Banque Centrale australienne qui a laissé ses taux inchangés à 4,75%. Les dirigeants se sont montrés inquiets de la montée de la devise australienne et de l’impact sur les exportations. Mercredi, la publication des ventes aux détails inférieures aux attentes a confirmé la baisse du dynamisme de l’économie australienne. De plus, la correction sur les métaux précieux, à savoir l’or et l’argent, a entrainé une nouvelle chute de l’aussie touchant jeudi les 1,0534 dollar.

Enfin, on notera la forte appréciation de la monnaie helvétique qui touche un nouveau plus haut historique face à la devise américaine à 0,8551 franc suisse pour un dollar. La hausse de la devise suisse semble hors de contrôle. Cependant, l’USD/CHF se repend en fin de semaine et revient sur les 0,8715 franc suisse.

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