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2014, énième annus horribilis pour l’économie vénézuélienne: Récession et nouvelle dévaluation du bolívar

Problèmes de taux de change, de pénurie, et guerre politique

Faire un bilan de l’année 2013 au Venezuela, c’est revenir sur des tribulations politiques qui ont conduit le pays au bord du précipice.

Le décès du charismatique leader Hugo Chavez a abouti à une guerre de tranchées au sein du parti au pouvoir et entre ce dernier et l’opposition avec en toile de fond une économie, la première réserve de pétrole au monde selon un rapport de l’OPEP, faisant face à une énième dévaluation d’un tiers du bolívar et à des pénuries qui ne sont pas sans rappeler les pays les moins avancés.

Mieux que des commentaires, voici les trois chiffres à retenir: sur 2013, l’économie du pays est retombée en récession avec une chute du PIB de 0.4%, tandis que l’inflation grimpait à 42%, le plus haut niveau mondial, et que la monnaie locale a perdu 32% face au dollar américain.

Une prévision de croissance extrêmement optimiste de 4% en 2014

On aurait évidemment tort de croire que 2014 s’annonce mieux. Le Venezuela a bien peu de chances de profiter de la reprise en cours de l’économie mondiale.

Toutefois, si on s’en réfère uniquement aux prévisions du gouvernement, présentées lors du budget, la situation va considérablement s’éclaircir. Hausse du PIB de 4% et chute de l’inflation à un niveau compris entre 26% et 28%. Le ministre des Finances, Nelson Merentes, qui a dévoilé ces prévisions à l’Assemblée Nationale, a toutefois eu le bon goût d’inviter les députés de l’opposition à ne pas en rire. Une anecdote révélatrice. Depuis, il a été nommé à la tête de la banque centrale.

Si on privilégie des études indépendantes, l’économie vénézuélienne risque effectivement d’occuper la tête du podium, mais du podium des mauvais élèves. Le consensus des experts table sur une activité en progression de 1% avec la possibilité, en fonction du pilotage économique gouvernemental, d’une contraction qui pourrait atteindre 2.5%. Pour l’inflation, la bande de prévision est aussi large avec une vision baissière partagée par certains avec un taux autour de 30% sur un an tandis que les plus pessimistes annoncent 50% de progression du niveau général des prix.

Les prévisions économiques sont toujours, pour tous les pays, un art et non une science exacte. Mais, dans le cas du Venezuela, en raison de la difficulté à avoir des données fiables et de la tendance du gouvernement à intervenir brutalement dans l’économie, prévoir relève plus de la roulette que de n’importe quelle extrapolation mathématique.

Le retour du double taux de change, prémice à une nouvelle dévaluation

Au moins, un point d’accord existe: en raison du niveau élevé de la dette, une nouvelle dévaluation est inévitable. Le taux officiel du bolívar est actuellement de 6.3 pour un dollar américain, après la dévaluation de février dernier. Avec un taux de change qui est environ le double sur le marché noir.

Face à l’incurie économique, le gouvernement devrait porter dans les prochains mois le taux de change officiel à près de 12 bolívars pour un dollar. Appauvrissant d’autant la population et accentuant l’inflation. Ce qui pourrait valider les thèses les plus pessimistes à ce propos.

Caracas a déjà fait un mouvement dans ce sens puisque le double taux de change a fait son retour en début d’année: un taux à 6.3 et un taux “préférentiel” non divulgué encore réservé aux administrations et entreprises publiques afin de cibler certains besoins. En somme, une dévaluation qui n’est pas totalement assumée. Pour le moment.

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