L’avis de S&P sur l’Italie et le PIB US seront déterminants pour EUR/USD demain

Investing.com – Le calendrier économique de cette semaine a jusqu’à aujourd’hui été relativement calme, avec peu d’événements influents sur les marchés, notamment en ce qui concerne la paire EUR/USD.

La situation sera bien différente demain, avec deux événements qui pourraient se révéler déterminants pour l’Euro-Dollar : La mise à jour de la notation de la dette de l’Italie par l’agence S&P, et la publication de la première estimation du PIB US du T1 2019.

L’agence de notation S&P Global Rating terminera son étude de révision de la note de la dette de l’Italie demain. Actuellement, S&P attribue la note BBB à l’Italie, avec une perspective négative, ce qui laisse craindre une dégradation.

Le contexte politique se complique de jour en jour en Italie avec les deux partis de la coalition qui s’écharpent sur la meilleure façon de traiter les problèmes d’endettement du pays.

Selon Euronews, les deux parties ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la manière de restructurer le trou dans le budget du pays, qui s’élève à 12 milliards d’euros.

L’Italie ne parvient pas non plus à résoudre le problème de l’augmentation du ratio dette / PIB, qui dépasse allègrement les règles budgétaires de l’UE, qui a récemment obligé le pays à s’engager à réduire déficits et ses niveaux d’endettement sous la menace de sanctions

Soulignons que selon les derniers chiffres publiés par Eurostat, le ratio de la dette / PIB de l’Italie est passé de 131% en 2017 à 132,2% en 2018.

La situation budgétaire de l’Italie son endettement pourraient donc justifier une dégradation de la note de la dette du pays, mais d’un autre côté, comme le soulignent les analystes de Citi, il existe également des raisons de penser que cette dégradation n’aura pas lieu.

La banque souligne notamment que le dérapage fiscal n’a pas été aussi important que ce que S&P avait prévu, que le pays continue de s’engager à améliorer sa situation fiscale, ou encore que la note de la dette du pays est déjà plus basse qu’en 2011, au début de la crise de la dette souveraine en Europe.

L’autre événement à risque de la journée de demain sera la publication du PIB des Etats-Unis pour le premier trimestre 2019.

Le consensus des économistes table sur une croissance de 2% par rapport au T4 2018, après une hausse du PIB de 2.2% précédemment.

Le shutdown du gouvernement américain, les conflits commerciaux, et le ralentissement global laissent en effet présager d’un ralentissement de la croissance US.

D’un autre côté, quelques indices permettent d’espérer une surprise positive, notamment la solidité des résultats trimestriels des grandes entreprises US qui ont été publiés au cours des dernières semaines.

Par ailleurs, il faut rappeler que la Chine a déjà publié ses chiffres de la croissance au T1 2019, et ceux-ci ont surpris positivement, malgré la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Il n’est donc pas exclu que la croissance US ait elle aussi été moins affectée que prévu par le contexte économique actuel.

Pour l’EUR/USD, une dégradation de la note de la dette de l’Italie et un PIB US meilleur que prévu constituerait le scénario du pire, qui pourrait permettre à la paire d’accentuer significativement sa chute en direction de l’objectif psychologique majeur de 1.10.

Toutefois, l’inverse n’aurait pas forcément un impact haussier sur l’Euro-Dollar, puisque le marché n’anticipe pas de haute probabilité de dégradation de la note de la dette italienne, et que le ralentissement de la croissance US est déjà intégré aux cours.

Quoi qu’il en soit, la volatilité risque d’être au rendez-vous, et la prudence sera plus que jamais de mise pour les traders d’EUR/USD.