Le point sur l’IPO de Slack, ses particularités, et son potentiel

Investing.com – Slack Technologies prévoit d’entrer en bourse ce jeudi par une cotation directe. Ce processus non conventionnel – également utilisé par Spotify (NYSE:SPOT) Technology l’année dernière – signifie que les actions de Slack commencent à se négocier sans lever de nouveaux capitaux pour la société.

Les inscriptions directes permettent aux sociétés d’obtenir des liquidités pour leurs actions sans avoir à s’acquitter des énormes frais des banques d’investissement dans le cadre des IPO classiques, ni à diluer les actionnaires existants.

Toutefois, en l’absence des données standard en termes de demande du public, les cotations directes sont soumises à une grande incertitude quant au cours initial de l’action.

Cela s’illustre par la volatilité des actions de Slack, qui se sont négociées à des prix allant de 8,37 $ à 31,50 $ l’action depuis janvier 2018, selon le formulaire S-1 d’introduction en bourse.

Compte tenu de la grande volatilité des marchés privés et de la couverture limitée des analystes avant la négociation, il peut être difficile pour les investisseurs de déterminer la juste valeur de l’action.

Cet article a donc pour but de faire le point sur les fondamentaux de Slack, et de prévoir des scénarios plausibles pour l’avenir de l’entreprise.

Slack (acronyme de Searchable Log of All Conversation and Knowledge) a commencé à exister en tant qye plateforme de messagerie interne pour une entreprise qui développait un jeu en ligne appelé Glitch. Après l’abandon du jeu, le PDG Stewart Butterfield a mis Slack à la disposition du public en 2013.

Depuis ces humbles débuts, Slack est devenu un service comptant plus de 10 millions d’utilisateurs actifs quotidiens dans plus de 500 000 organisations, dont environ les deux tiers des entreprises du Fortune 100.

Signe d’une adoption croissante par des clients prestigieux, Slack a plus que quadruplé le nombre de clients qui paient plus de 100 000 $ par année pour ses services depuis 2017.

Bien que l’entreprise jouisse toujours d’une réputation d’application de messagerie pour les start-ups, elle tire maintenant plus de 40 % de ses revenus de ces grands comptes.

L’objectif final de Slack est de toucher tous les aspects du processus de flux de travail pour toutes les entreprises, des petites entreprises aux conglomérats multinationaux.

L’entreprise résume son ambition dans un engagement qui se répète quatre fois dans son formulaire S-1 :

« Slack est une nouvelle interface de la technologie des affaires qui rassemble les personnes, les applications et les données – un endroit unique où les gens peuvent travailler efficacement ensemble, accéder à des centaines de milliers d’applications et de services critiques, et trouver des informations importantes pour faire au mieux leur travail. »

Slack projette en effet de s’intégrer à des milliers d’applications tierces pour conserver tous les aspects du travail d’une organisation dans un espace unique et facile à utiliser.

En effet, Slack devra rapidement devenir beaucoup plus qu’une simple application de messagerie pour convaincre les entreprises de continuer à payer 100 000 $ ou plus par an…

Slack fait face à une concurrence accrue. Les géants traditionnels de l’entreprise Microsoft (NASDAQ:MSFT) et Cisco (NASDAQ:CSCO) ont mis sur pied des solutions concurrentes, tout comme les géants technologiques Alphabet (NASDAQ:GOOGL) et Facebook (NASDAQ:FB).

Ces concurrents ont déjà fait des percées significatives sur le marché des logiciels de collaboration. L’application Teams de Microsoft compte déjà 500 000 organisations parmi ses utilisateurs, tandis que l’application Workplace de Facebook compte plus de 2 millions d’utilisateurs individuels payants.

Et même si Slack possède des avantages notables par rapport à ses concurrents, notamment en termes d’attrait de la marque auprès des jeunes professionnels, cette concurrence a de quoi inquiéter.

Les géants de la technologie ont en effet des relations plus importantes avec les grandes entreprises qui sont les cibles de ces logiciels, et sont propriétaires d’autres applications commerciales essentielles telles que Microsoft Office.

Ils disposent également de ressources plus importantes à consacrer à la recherche en intelligence artificielle et dans d’autres domaines clés qui pourraient améliorer l’expérience utilisateur.

Pour finir, compte tenu de toutes ces préoccupations, on peut se demander ce que les investisseurs devraient penser de Slack?

A première vue, la prudence est de mise, mais ont peut tout de même identifier quelques scénarios d’avenir plus ou moins favorables à une valorisation élevée de la société :

Scénario 1 : Slack reste une simple application de messagerie

C’est sans doute le scénario qui serait le moins favorable. Dans celui-ci, Slack resterait une application de messagerie populaire et largement utilisée, mais elle ne parviendrait pas à s’imposer comme l’application incontournable pour la collaboration d’entreprise contrairement à ses ambitions annoncées.

Scénario 2: Slack réussit dans son ambition de devenir une plate-forme logicielle d’entreprise majeure

C’est bien évidemment le scénario idéal, dans lequel les perspectives de croissances seraient les plus importantes, avec des opportunités de diversification bien au-delà de la messagerie d’entreprise. Cependant, les détails des projets de l’entreprise pour parvenir à cet objectif restent pour l’instant peu connus.

Scénario 3 : Un géant de la technologie rachète Slack

Enfin, on peut imagier qu’au lieu de concurrencer Slack, l’un des géants de la technologie, pourquoi pas Microsoft, décide de l’acquérir. Dans ce cas, tout dépendra de l’état du marché et de la concurrence au moment où le rachat est effectué.

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