3 risques qui pourraient précipiter l’économie européenne vers la récession

Investing.com – Même si ce sont les Etats-Unis qui sont sous le feu des projecteurs ces dernières semaines avec la guerre commerciale contre la Chine et un potentiel conflit militaire avec l’Iran, il ne faut pas oublier que l’Europe inquiète aussi le marché.

C’est particulièrement visible sur les marchés obligataires, qui semblent avertir que le Vieux Continent pourrait bientôt être le théâtre de crises majeures au Royaume-Uni et en Italie, ce qui pourrait déclencher une récession économique en Europe et favoriser une récession économique mondiale.

Un signe clair que les marchés obligataires mondiaux sont très préoccupés par les perspectives économiques européennes est qu’environ la moitié de toutes les obligations d’État européennes offrent maintenant des taux d’intérêt négatifs, avec des écarts croissants entre les rendements des pays les plus solides, comme l’Allemagne, et ceux des pays les moins solides, comme l’Italie.

Il est certes normal que les marchés obligataires du monde entier soient sensibles aux risques économiques.

Cependant, ce qui est particulièrement inquiétant, c’est qu’il existe un nombre inhabituellement élevé de risques, en particulier en Europe, qui ont de grandes chances de se concrétiser.

Nous allons donc passer en revue dans cet article les 3 principaux risques qui pourrait favoriser une récession en Europe dans les prochains mois :

Parmi les risques les plus immédiats, on retrouve le Hard Brexit, c’est à dire la possibilité que le Royaume-Uni, cinquième plus grande économie mondiale, sorte de l’UE sans un accord le 31 octobre.

La Banque d’Angleterre et le FMI préviennent tous deux qu’un tel événement entraînerait très probablement une baisse de 5 % de l’économie du Royaume-Uni dans l’année qui suivra immédiatement sa sortie de l’UE.

Mais compte tenu de l’importance du commerce avec le Royaume-Uni pour l’Europe, un Brexit dur aurait forcément des retombées importantes également sur l’économie européenne déjà dégradée.

Boris Johnson, qui est presque certain de devenir le prochain premier ministre du Royaume-Uni, s’est engagé à ce que le pays quitte l’Europe avec ou sans accord le 31 octobre, ce qui augmente les chances d’un Brexit dur.

Rappelons que c’est à cette date que le délai prolongé du Royaume-Uni pour négocier un accord de Brexit prendra fin.

Apparemment, la seule chose qui pourrait empêcher un Hard Brexit serait un vote de défiance réussi au sein du gouvernement avant le 31 octobre.

Toutefois, cela laisserait dans ce cas entrevoir la possibilité que Jeremy Corbyn, le chef du parti travailliste, très hostile au marché, puisse devenir Premier Ministre. Cela pourrait sérieusement miner la confiance des investisseurs britanniques.

Une menace plus grave, quoique moins imminente, pour l’économie mondiale est le risque d’une nouvelle crise de la dette souveraine italienne qui pourrait présenter des risques de contagion à d’autres pays de la Zone Euro et constituer une menace existentielle pour la survie de l’Euro.

En effet, il serait beaucoup plus difficile de sauver l’Italie que la Grèce en 2012, étant donné que son économie est environ 10 fois plus importante que celle de la Grèce.

Or, la voie politique imprudente dans laquelle s’est engagé le gouvernement populiste italien augmente le risque d’une crise de la dette.

Alors que le pays affiche déjà le deuxième taux d’endettement le plus élevé d’Europe, derrière la Grèce seulement, le gouvernement italien insiste sur l’application d’une importante réduction d’impôts qui porterait son déficit budgétaire à environ 5% du PIB.

Mattéo Salvini, qui dirige le parti Ligua eurosceptique, menace déjà de se retirer du gouvernement de coalition actuel et de forcer la tenue de nouvelles élections s’il n’obtient pas gain de cause sur les réductions d’impôts proposées.

Et dans la mesure où son parti a obtenu 34% des voix lors des récentes élections Européennes, soit deux fois plus que son partenaire de coalition, un gouvernement avec Salvini à sa tête est une possibilité pour plus tard cette année, ce qui ne devrait pas arranger la situation.

L’agressivité de la politique commerciale US constitue une autre source majeure de risque pour l’économie européenne. Il ne faut pas oublier que la menace de Trump d’imposer des droits de douane de 25 % sur les automobiles européennes dans le courant de l’année reste en suspend.

L’Allemagne serait dans ce cas particulièrement touchée, ce qui pousserait sans doute le pays vers la récession, qui menace d’ailleurs déjà.

L’UE a d’ailleurs déjà prévenu qu’elle répondrait coup pour coup si Donald Trump met sa menace à exécution, ce qui sous entend également qu’il faudra s’attendre à de plus amples tarifs douaniers par la suite, Donald Trump ayant pour habitude de renchérir face aux ripostes…

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