Les liens entre Huawei et l’armée chinoise se confirment

Investing.com – D’après une étude menée par Christopher Balding, professeur associé à l’Université Fulbright au Vietnam et le groupe de réflexion Henry Jackson Society, et rapportée par CNBC ce lundi, il existe des liens profonds entre l’entreprise de technologie Huawei et les organismes militaires et de renseignement de la Chine.

Le document, qui examine les documents liés au recrutement, conclut que  » le personnel technique clé de niveau intermédiaire employé par Huawei possède une solide expérience de travail étroitement liée à la collecte de renseignements et aux activités militaires « . Certains employés peuvent être liés  » à des cas spécifiques de piratage informatique ou d’espionnage industriel perpétrés contre des entreprises occidentales « , a-t-elle affirmé.

L’un des documents étudiés dévoile qu’une personne occupait à la fois un poste à Huawei et un poste d’enseignement et de recherche dans une université militaire par l’intermédiaire de laquelle elle était employée par l’Armée populaire de libération de la Chine.

Les recherches de Balding ont permi de relier cet employé à une section de l’APL qui est responsable des capacités spatiales, cybernétiques et de guerre électronique de l’armée chinoise.

« Les preuves circonstancielles semblent assez solides pour étayer les préoccupations légitimes au sujet de la relation entre Huawei et l’APL, ainsi que les préoccupations au sujet de la collecte de renseignements « , a déclaré Balding dans le journal.

Balding conclu l’étude en affirmant : « je peux dire que les CV parlent de compétences telles que l’interception d’informations et nous connaissons des cas où un employé Huawei occupe un double poste dans la Force de soutien stratégique de l’APL qui supervise la guerre électronique et des unités de guerre non traditionnelles similaires. Je ne peux donc pas dire qu’il a été ordonné à Huawei de se livrer à des activités d’espionnage, mais l’inférence des positions et des compétences qu’ils mentionnent dans leur CV semble indiquer qu’ils se livrent à ces actes. »

Au final, l’étude pourrait susciter des inquiétudes chez les gouvernements qui analysent les allégations selon lesquelles Huawei pose un risque pour la sécurité nationale. Certains pays craignent que Huawei n’installe des portes dérobées dans son équipement de réseau de télécommunications qui permettraient au gouvernement chinois d’accéder aux données des utilisateurs.

C’est particulièrement le cas des Etats-Unis, qui ont interdit il y a quelques semaines aux entreprises US de commercer avec Huawei pour des raisons de sécurité nationale.

Donald Trump était ensuite revenu en arrière lors du G20 fin juin, où il a assuré au président chinois Xi Jinping que les entraves à l’activité de Huawei aux Etats-Unis seraient assouplies, ce qui constituait une condition pour que la Chine accepte une trêve et la reprise des négociations.

La semaine dernière, la Chine a d’ailleurs clairement rappelé qu’elle attend que Trump tienne parole en ce qui concerne Huawei avant d’avancer plus concrètement dans les négociations commerciales.

Or, si il devient de notoriété publique que Huawei entretient des liens avec l’armée chinoise, il deviendra impossible pour Trump de lever le bannissement de la société, surtout en vue de sa campagne de réélection de 2020.

En d’autres termes, plus on parlera de liens entre Huawei et l’armée chinoise, moins il sera possible pour Trump d’assouplir les sanctions sur Huawei, et tant que la question de ces sanctions ne sera pas réglée, la Chine n’avancera pas dans les négociations.

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