Bienvenue dans la fabuleuse agora du Forex, où les devises valsent avec la grâce d’un pachyderme en pleine crise d’estomac. Cette semaine, le dollar amorce sa cinquième danse consécutive vers le bas, perdant 0,7 % en mode « je me retire discrètement sans faire de vagues » face à un panier de devises, pendant que la livre britannique, étonnamment robuste, grimpe de 1 % comme si elle avait enfin trouvé un coach sportif motivant\[1]\[12]. Pendant ce temps, l’euro, ce roi timide, peine à montrer la moindre émotion, sagement figé autour de 1,16 dollar, malgré un froid glacial côté statistiques européennes\[1]\[5].
En Allemagne, ralentissement économique et chômage stable tiennent leurs promesses d’ennui, tandis que l’inflation connectée au budget à 180 milliards de dettes supplémentaires fait office de cocktail Molotov dans le Bundestag. L’Espagne, elle, nous offre une inflation qui baisse gentiment (3 %), sans faire de vague. Quant à la France, pays de la baguette, du vin et des chiffres officiels maquillés, l’INSEE nous gratifie d’une inflation sous contrôle à… 0,9 % (à croire que la crise est une légende urbaine), avec un PIB qui s’octroie une petite accélération de 0,5 %. Tout ceci dans un spectacle où le Sénat continue son ballet d’amendements rejetés avec un enthousiasme aussi palpable qu’un lundi matin sans café\[1]\[4][14].
Sur le plan géopolitique, le monde ne s’est pas reposé pour autant. La scène internationale est secouée par des plans de paix ubuesques – comme celui de Donald Trump pour l’Ukraine – qui donnent l’impression que la diplomatie a été confiée à un stagiaire bercé par des marathons de séries comiques[2]. Et lundi, les yeux seront rivés sur le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, dont le discours pourrait enfin révéler si la BOJ va vraiment oser augmenter ses taux. Cela promet des débats passionnés, ou au moins un bon sketch à la Stephen Colbert[7].
En résumé, le marché des changes navigue entre son ennui assumé et les flambées sporadiques d’indécision politique et économique. Le dollar s’effrite, la livre fait des siennes, et l’euro broie du noir sans trop savoir pourquoi. Bref, un scénario à la française où tout le monde joue la montre en espérant que ça passe.
Alors, chers lecteurs, en observant ce spectacle quasi-tragico-comique, on ne peut s’empêcher de se demander : si la politique internationale était une devise, laquelle serait-elle ? Celle qui chute en douce, celle qui explose sans raison, ou celle qu’on garde dans un coffre-fort… en espérant ne jamais avoir à la sortir ?