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Bâle III au chevet de l’euro

Le marché des changes s’est lancé spectaculairement aujourd’hui dans une nouvelle phase de hausse qui peut paraître un peu trop prématurée selon de nombreux observateurs. Le conseil des prochains jours est clairement d’être prudent car un inversement de tendance pourrait se produire.

Peu d’indicateurs économiques aujourd’hui, exception faite de bons indicateurs chinois qui ont enthousiasmé les marchés financiers. Il semblerait que l’activité économique dans l’Empire du Milieu a rebondi le mois dernier après des inquiétudes concernant un ralentissement de l’économie au cours de l’été. Cependant, en regardant de plus près les chiffres, l’enthousiasme doit être teinté de pessimisme car la production industrielle, bien qu’elle accuse une hausse de plus de 13% sur un an, est toujours en deça des résultats publiés au cours des dernières années.

La monnaie unique européenne, qui est connue pour sa corrélation avec les bourses, a rebondi très nettement aujourd’hui, évoluant largement au-dessus de 1.28. Cet élan a été notamment poussé par la révision à la hausse des prévisions de croissance pour 2010 par la Commission Européenne et par la conclusion d’un accord à Bâle ce week-end concernant la régulation du secteur bancaire.

L’enthousiasme d’aujourd’hui paraît sans commune mesure avec le contenu de l’accord Bâle III. Que les titres des banques soient en nette hausse est une évidence aujourd’hui puisque les banques, bien qu’elles continuent de se plaindre de cette nouvelle réglementation, sont parvenues à obtenir un accord a minima qui est peu contraignant. Cependant, la hausse généralisée des marchés actions et surtout la baisse des valeurs refuge semble incompréhensibles aujourd’hui.

Pour faire simple, Bâle III a pour objectif de pallier aux insuffisances manifestes de Bâle II et notamment de permettre aux banques de surmonter plus facilement les prochaines crises. Au final, les banques devraient être contraintes à tripler le montant de leurs fonds propres, ce qui peut semble important mais ce qui est encore inférieur aux attentes des analystes qui s’attendaient à des exigences plus importantes. Au final, le secteur bancaire devra certainement lever des centaines de milliards d’euros au cours des prochaines années mais les banques ont clairement le temps de voir puisqu’elles ont cinq ans pour se conformer à la nouvelle réglementation.

Cela explique aussi pourquoi les investisseurs ont salué cet accord qui, bien que contraignant, laisse le temps de voir au secteur bancaire et de parfaitement se remettre de l’année 2008.

Pour faire bonne figure, la Fédération bancaire française s’est évidemment indignée de l’accord qui «requerra des efforts importants d’adaptation »  et «pèsera inévitablement sur le financement de l’économie », ce qu’a contesté Jean Claude Trichet, président de la BCE.

L’accord de Bâle doit encore recevoir le feu vert du G20 lors du sommet de Séoul prévu en novembre mais d’ors et déjà, nous pouvons affirmer que le secteur bancaire n’est pas face au big bang annoncé.

Enfin, pour conclure, les investisseurs devront surveiller cette semaine les chiffres de l’inflation, à commencer par ceux du Royaume-Uni qui sont attendus demain. A noter également que le gouverneur de la Banque du Canada doit prononcer demain un discours très opportun à la Bundesbank sur l’impact économique des réformes financières.

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