Press "Enter" to skip to content

Bilan de séance sur le marché des devises

Après un début de séance plutôt satisfaisant, l’aversion pour le risque a repris sur le marché des changes à la faveur de la publication d’un indicateur américain sur l’emploi moins bon que prévu. En effet, les destructions d’emplois dans le secteur privé outre-Atlantique ont certes continué de ralentir pour le huitième mois consécutif mais nettement moins que prévu. Les économistes tablaient sur 150 000 destructions d’emplois en novembre alors qu’il y en a eu 169 000. Ces chiffres ont rappelé aux investisseurs que la santé de l’économie américaine reste fragile même si l’optimisme domine les marchés.

A la suite de la publication de ces chiffres, l’euro a reculé face au dollar, le billet vert gagnant également du terrain face au yen. Le dollar remontait en effet à 87,14 yens aujourd’hui en fin de séance contre 86,66 yens mardi soir.

Le yen attire toutefois toujours autant les investisseurs, en dépit des menaces répétées d’intervention du gouvernement japonais. De plus en plus d’analystes s’attendent à ce que la banque centrale du Japon intervienne sur le marché monétaire, ce qui serait une première depuis 2004. Pour l’instant, le nouveau gouvernement japonais se contente d’annoncer une batterie de mesures destinés à limiter l’appréciation du yen. Hier, à l’issue d’une réunion d’urgence, la Banque du Japon avait annoncé de nouveaux financements à court terme. Cependant, cette annonce avait beaucoup déçu les investisseurs car, si elle est prompte à limiter l’appréciation du yen, elle n’aura aucun effet sur la déflation qui risque d’hypothéquer la reprise de l’activité économique dans l’archipel. Par conséquent, aujourd’hui, un haut responsable de l’institution a tenté de rassurer les marchés en affirmant que la banque centrale laisse la porte ouverte à de nouvelles mesures afin de permettre au Japon de retour avec une situation économique plus saine.

Enfin, les ministres des Finances de la zone euro et les représentants du FMI, réunis hier soir à Bruxelles, se sont clairement inquiétés de la surévaluation de la monnaie unique européenne, pour reprendre les termes de Jean-Claude Juncker. Cette surévaluation de la devise européenne rend moins compétitive l’industrie européenne et a pour conséquence, entre autres, des délocalisations d’emplois. Ainsi, Daimler a annoncé aujourd’hui son intention de transférer 20% de la production de sa nouvelle Mercedes Classe C outre-Atlantique, décision imputée à la faiblesse du billet vert. De plus, la situation économique de la Grèce a été aussi jugée préoccupante par les ministres des Finances. Ils ont appelé le nouveau gouvernement à Athènes à prendre des mesures supplémentaires pour faire face à l’explosion des déficits publics. Certains observateurs soulignent que la Grèce, déjà mouton noir de la zone euro, pourrait pénaliser la reprise économique de l’Europe en cas d’aggravation de sa situation financière.

Pour conclure, le marché des matières premières continue sur sa hausse, l’once d’or grimpant à de nouveaux sommets. Il y a seulement trois semaines, l’or passait le seuil des 1100 dollars. Aujourd’hui, il a atteint un nouveau record en s’échangeant à plus de 1215 dollars l’once sur le London Bullion Market. Les investisseurs prévoient d’ici à dix ans un niveau de 2000 dollars. Bien que cette hypothèse paraisse irréaliste pour le moment, les derniers développements sur le marché de l’or laissent planer un doute.

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *