Débriefing: La semaine tourmentée des devises des pays émergents

La correction se poursuit sur les devises émergentes sous l'effet conjugué de trois facteurs: la remontée des taux longs américains, la dégradation de leurs fondamentaux économiques et le retour du risque politique dans certaines zones (Turquie et Venezuela notamment).

L'une des plus mauvaises performances sur la semaine passée est celle de la lire turque qui a perdu plus de 4% face au dollar américain. La roupie indienne a de son côté chuté de 2.45% tandis que le Venezuela a renoué avec un double taux de change, qui est le signe probable d'une future dévaluation de plus grande ampleur du bolívar. Enfin, le peso argentin a lourdement dégringolé de près de 17% en deux jours, renouant avec les épisodes les plus sombres de la crise de la période 1998-2002.

- USD/ARS: L'Argentine n'en a pas fini avec la crise monétaire

L'Argentine a officiellement considéré que le niveau actuel du peso argentin sur le marché des changes est celui souhaité par les autorités, après la forte dévaluation des dernières séances. Cependant, les fondamentaux économiques du pays demeurent incertains et l'écart entre le taux de change officiel et le taux pratiqué sur le marché noir des devises ne cesse de s'élargir (+70%).

crise conomique_mondiale

La correction se poursuit sur les devises émergentes sous l’effet conjugué de trois facteurs: la remontée des taux longs américains, la dégradation de leurs fondamentaux économiques et le retour du risque politique dans certaines zones (Turquie et Venezuela notamment).

L’une des plus mauvaises performances sur la semaine passée est celle de la lire turque qui a perdu plus de 4% face au dollar américain. La roupie indienne a de son côté chuté de 2.45% tandis que le Venezuela a renoué avec un double taux de change, qui est le signe probable d’une future dévaluation de plus grande ampleur du bolívar. Enfin, le peso argentin a lourdement dégringolé de près de 17% en deux jours, renouant avec les épisodes les plus sombres de la crise de la période 1998-2002.

– USD/ARS: L’Argentine n’en a pas fini avec la crise monétaire

L’Argentine a officiellement considéré que le niveau actuel du peso argentin sur le marché des changes est celui souhaité par les autorités, après la forte dévaluation des dernières séances. Cependant, les fondamentaux économiques du pays demeurent incertains et l’écart entre le taux de change officiel et le taux pratiqué sur le marché noir des devises ne cesse de s’élargir (+70%).

La dévaluation, au-delà des discours politiques, semble difficile à arrêter à moyen terme même si une stabilité est probable à court terme. Le marché va en effet attendre la réponse des membres du Club de Paris à la demande de l’Argentine d’obtenir une restructuration de sa dette d’un montant de 9.5 Mds USD. L’objectif gouvernemental est d’obtenir l’annulation de près de la moitié de cette somme qui représente essentiellement des intérêts et des pénalités. Une réponse positive est toutefois peu probable. Resterait alors l’option FMI qui n’est pas sans éveiller de douloureux souvenirs pour les Argentins. Dans ces circonstances, l’instabilité monétaire a de fortes chances de perdurer avec un défi principal, la diminution des réserves de change (29.8 Mds USD fin 2013) qui limite considérablement la marge de manoeuvre sur le marché de la banque centrale. Cette crise s’est fortement accélérée depuis 2012.

– USD/INR: La roupie moins exposée à la nouvelle donne monétaire

Depuis son plus bas d’août 2013, la roupie indienne a partiellement regagné du terrain face au dollar américain, bien que la tendance reste à la baisse à court terme. Des facteurs internes et externes expliquent la faiblesse de l’INR: la politique monétaire de la FED, l’énorme déficit de la balance commerciale ou encore la baisse substantielle des IDE liée, en partie, aux difficultés pour les investisseurs étrangers de pénétrer le marché local. L’indice Ease of Doing Business de la Banque Mondiale classe le pays en 134ème position en 2014 (recul de 3 places par rapport à 2013), ce qui symbolise parfaitement les risques inhérents aux investissements en Inde.

Toutefois, deux faits positifs sont à rappeler: les réformes en cours pour rendre la politique monétaire plus efficace et faire que le processus décisionnel soit plus transparent et la moindre dépendance de l’Inde au ralentissement chinois. Contrairement à d’autres pays émergents, l’Inde a peu basé son élan économique sur l’expansion du crédit dans l’Empire du Milieu. De fait, le potentiel baissier de l’INR est plus limité que celui d’autres monnaies émergentes.

– USD/TRY: La banque centrale turque perd toute crédibilité

L’USD/TRY bat régulièrement des niveaux historiques sur le marché des changes. Le scandale politico-financier qui a éclaté en fin d’année dernière s’est rapidement transformé en crise monétaire montrant la dépendance manifeste de la banque centrale par rapport au pouvoir politique.

Depuis la crise de 2001, la banque centrale avait réussi, à marche forcée parfois, sous la pression de l’Union Européenne, à gagner la confiance des marchés financiers. En l’espace de quelques mois, sa crédibilité s’est complètement effondrée. La décision la semaine dernière de la banque centrale de ne pas augmenter les taux, alors que tout porte à croire que c’est l’unique option pour limiter la dépréciation de la lire turque, n’est que le dernier épisode d’une tragédie shakespearienne qui agite les investisseurs.

La lisibilité de la politique monétaire turque est difficile à appréhender, même pour les experts financiers les plus chevronnés. Elle est fondée sur une augmentation discrétionnaire du taux overnight, mais pas tous les jours. Autrement dit, chaque jour est en quelque sorte une nouvelle réunion de politique monétaire pour la banque centrale.

Dans ces conditions, la dépréciation de la lire turque risque de se poursuivre en dépit des interventions directes de l’institution. Celles-ci sont inefficaces mais ne donnent pas encore corps à la possibilité d’une crise de liquidités puisque le pays a considérablement augmenté ses réserves de change au cours des dernières années. Le danger, à terme, est toutefois d’affoler les investisseurs qui sont à la recherche de placements sûrs et fuient légitimement le risque politique. La perspective de croissance officielle pour 2014 à 4% n’est désormais plus à l’ordre du jour.

– USD/VEF: La dévaluation du bolívar est une question de mois

Le Venezuela prépare la communauté financière et sa population à une nouvelle dévaluation du bolívar après le dernier épisode de février 2013. Le double taux de change a été de nouveau rétabli: un taux officiel à 6.3 pour un dollar et un taux “préférentiel” dont le niveau n’est pas encore connu pour les administrations et entreprises publiques.

En raison des perspectives macroéconomiques officielles irréalistes du gouvernement pour 2014 (croissance de 4% et inflation en chute entre 26% et 28% sur un an), la probabilité d’une nouvelle dévaluation est forte pour permettre d’alléger automatiquement le poids de la dette du pays, en partie liée à une très mauvaise gestion des ressources pétrolières, les premières réserves mondiales selon un rapport de l’OPEP de 2013.

Selon les prédictions les plus pessimistes, le taux de change officiel pourrait être porté à un niveau de 12 bolívars pour un dollar dans l’année.

 

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