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Décryptage du compte-rendu de la FED

Le compte-rendu de la FED publié hier soir était très attendu des cambistes car c’est à la suite de la réunion des 18 et 19 juin que Ben Bernanke a confirmé le retrait progressif du programme de rachats d’actifs, entraînant au passage une envolée du dollar américain qui, selon les prévisions, pourraient entraîner l’euro/dollar rapidement vers les 1.2000 sur le forex.

La situation globale de l’économie américaine, à en croire le compte-rendu, est en phase de redressement en dépit d’une économie mondiale léthargique tirée par les pays émergents.L’emploi s’est amélioré, ainsi que le revenu des ménages. Les exportations s’améliorent globalement. Bémols: l’automobile et la construction sont toutefois plus bas que la normale. La consommation continue à croître à un rythme continu bien que modéré, en dépit de la hausse des taxes.

Quant au chapitre monétaire et financier, la masse monétaire s’est considérablement accrue (40% en plus) principalement à cause des rachats d’actif pratiqués par la FED. L’évolution des intérêts sur les dettes souveraines étrangères est au même niveau que les intérêts américains, et est donc vu comme normal. Quant aux risques financiers, l’accumulation de liquidité dans les banques a pu alerter les participants avec la tentation possible du retour des comportements spéculatifs qui ont conduit à la crise.

La réunion de la FED a aussi été l‘occasion de réviser ses prévisions. Ainsi,le PIB américain devrait être supérieur aux attentes, tandis que l’inflation devrait être moindre. En effet, l’enquête du Michigan indique que le taux d’inflation de long terme ne devrait pas être plus élevé que celui de ces dernières années. De fait, l’augmentation de la masse monétaire ne s’est pas traduite, contrairement aux craintes, par une hausse de l’inflation car le gonflement de la monnaie banque centrale a simplement compensé la destruction d’autres composantes de la masse monétaire.

La question de la communication de la réduction du Quantitative Easing a également été traitée avec la confirmation de la nécessité de suivre la stratégie de “forward guidance” afin de canaliser au mieux les anticipations des agents économiques pour permettre une sortie des mesures de soutien sans problème. Ce retrait des mesures dépendra toutefois du niveau du taux de chômage et du niveau d’inflation à court et long terme. Quand bien même le programme de rachats d’actifs va diminuer, certainement à partir de septembre, la politique accommodante de la FED demeurera vraisemblablement jusqu’en 2014 voire 2015 selon les estimations. En d’autres termes, l’affolement des marchés financiers, qui craignent un retour à la normale de la politique monétaire, est surtout la conséquence d’une mauvaise interprétation des propos de la FED et de son président. Il suffisait de lire le compte-rendu de la FED pour réaliser que le soutien à l’économie va encore demeurer pendant longtemps.

Cependant, le redressement de l’économie étant en marche, la FED doit déjà prévoir la résorbtion de l’excès de liquidité et piloter, avec prudence, la montée graduelle de la pente de la courbe des taux avec le relèvement du PIB nominal sans que cela ne résulte en une hausse dramatique de l’inflation.

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