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Décryptage: La France a-t-elle obtenu un satisfecit de la part de Moody’s?

Pas d’exubérance mais néanmoins une certaine satisfaction de la part du gouvernement français suite à la décision de Moody’s de maintenir la note souveraine du pays à Aa1. L’indécision était de mise juste avant l’annonce puisque, dans des conditions économiques et budgétaires quasi-similaires, au cours des deux derniers mois, Fitch avait décidé de maintenir le statu quo tandis que S&P avait opté pour une dégradation d’un cran. Respectivement à AA+ et à AA, avec à chaque fois une perspective stable.

L’enjeu n’était pas tant le coût d’emprunt de la France sur les marchés financiers, qui évolue à un taux raisonnable, sous les 2.4% pour les obligations à 10 ans, mais bien davantage la crédibilité du gouvernement à restaurer une santé économique à long terme au pays.

La décision de Moody’s n’est cependant qu’un sursis accordé au gouvernement puisque la perspective négative sur la dette souveraine demeure. L’évolution à moyen et long terme est liée essentiellement au succès du pacte de responsabilité présenté en ce début d’année.

Un seul objectif véritable, le retour de la confiance

En décidant de promouvoir une politique de l’offre, mettant au coeur de la dynamique économique les entreprises, le gouvernement souhaite, d’abord, permettre le retour de la confiance. Le chemin sera long à en juger par les dernières enquêtes: le climat des affaires en France est ressorti à 94 points en janvier, sous sa moyenne de longue période qui est à 100 points. En d’autres termes, les entreprises n’anticipent pas d’amélioration réelle, en particulier au sujet de deux domaines essentiels, à savoir les exportations et l’emploi.

La réduction des charges apparait, étant donné le volume consenti relativement faible, comme un geste de bonne volonté qui pourrait être le premier pas d’une nouvelle dynamique au niveau des nécessaires réformes structurelles pour améliorer la compétitivité de la France. C’est, d’ailleurs, en substance, les propos du communiqué de Moody’s qui espère la poursuite des réformes afin, qu’à long terme, la France renoue avec une structure économique plus saine et plus apte à affronter la concurrence internationale, y compris au sein de la zone euro.

La nécessaire flexibilité à propos de l’objectif de déficit budgétaire

Une interrogation demeure cependant à propos du financement de cette réduction des charges, sachant l’impossibilité objective d’augmenter les impôts. Augmentation qui aurait concerné près de 6 Français sur 10 selon un sondage Ifop de novembre dernier. La politique de consolidation budgétaire des dernières années, indéniablement souhaitable, a abouti au final à une augmentation de la dette qui devrait correspondre selon les projections à au moins 95% du PIB en 2014. En toile de fond, l’inefficacité de l’assainissement budgétaire en bas de cycle économique.

Récemment, le gouvernement a réaffirmé son engagement politique de renouer avec un déficit sous 3% avant la fin du quinquennat en accord avec Maastricht. A condition que la croissance mondiale, estimée à 3.7% cette année puis à 3.9% en 2015 selon le FMI, permette un sursaut bien incertain de l’activité en France. Selon toute vraisemblance, la nouvelle politique de l’offre va devoir s’accompagner d’un léger ajustement de l’objectif de déficit budgétaire. Bruxelles ayant déjà accordé deux ans supplémentaires à la France en mai dernier, est-il envisageable et possible d’offrir un nouveau répit? Moody’s et l’ensemble des marchés financiers semblent en tout cas disposés à laisser sa chance à la France. C’est maintenant aux politiques de faire le nécessaire au sein des instances européennes.
 

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