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Désamour des pays émergents par les investisseurs

Les BRICs n’ont plus autant l’intérêt des investisseurs internationaux comme en témoigne un récent sondage de Bloomberg. Faisant face à des troubles sociaux qui ont notamment été révélés avec les manifestations monstres au Brésil, les pays émergents sont pénalisés également par un retour de la confiance dans les grands pays développés au fur à mesure que les perspectives de croissance s’améliorent.

En termes d’optimisme, critère pris en compte dans ce sondage, les émergents affichent la moins bonne performance. On retrouve en bas du tableau l’Inde, qui fait face notamment à une chute accentuée de la roupie depuis l’été, suivi de près par le Brésil, la Russie et la Chine.

L’Europe profite à l’inverse d’un regain de confiance, bien que les situations entre les pays du continent soient très diverses. Le nombre d’investisseurs voyant l’Europe comme l’une des deux meilleures opportunités pour placer son argent en ce moment a augmenté de 34% tandis que les Etats-Unis font office de vraie valeur refuge avec une hausse de 51%. La politique monétaire efficace et très volontariste de la FED n’y est certainement pas pour rien.

Les pays émergents sont également pénalisés directement par la modification prévisible du montant des rachats d’actifs par la banque centrale américaine, ce qui va progressivement réduire la liquidité sur certains marchés. Le retour à la normale est déjà amorcé avec même des hausses de taux prévues dès 2014 par plusieurs pays matières premières comme la Nouvelle-Zélande. De fait, les flux de hot money vont commencer à se réduire ce qui n’est cependant pas totalement un inconvénient pour les émergents car ils avaient pour effet d’augmenter fortement les pressions inflationnistes.

Toutefois, afin de permettre un rééquilibrage sans choc asymétrique, l’idée avancée par les BRICs à Saint-Pétersbourg en août dernier de la création d’un fond de réserves de change d’un montant de 100 billions de dollars semble faire son chemin. Ce fond permettrait notamment d’ajuster au mieux les besoins des pays concernés, qui font face à des tensions parfois importantes sur leur monnaie comme pour le real brésilien et la roupie indienne, mais les modalités de mise en fonction restent pour le moment évasives. Un véritable problème de convergence des points de vue et des priorités pourrait limiter la cohésion des pays émergents dans cette phase de transition, avec des effets négatifs probables alors pour l’évolution des taux de change, comme on peut déjà le constater sur le forex.
 

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