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Flottement total du rouble biélorusse dès le mois de mai

Faisant face à un déficit courant exorbitant et à des réserves de change quasiment nulles, la Biélorussie a fait appel, au début du mois d’avril, à l’aide de Moscou et aussi des autres pays membres de la CEI afin d’obtenir, dans les meilleurs délais, deux prêts.

Dès le départ, la Russie a répondu favorablement, cherchant ainsi de nouveau à reprendre l’initiative en Biélorussie, après avoir perdu un peu d’emprise suite à la tentative du dictateur Alexandre Loubachenko de se rapprocher de l’Union Européenne. Dès les premiers jours de mai, l’accord devant aboutir au versement du prêt par Moscou devrait être finalisé.

Par la suite, Minsk envisage, après avoir déjà dévalué la devise nationale, de laisser flotter le rouble biélorusse sur tous les marchés ce qui aura pour conséquence d’unifier les taux de change de la devise. Cette annonce est intervenue alors qu’un véritable marché noir des devises a fait son apparition au cours des dernières semaines, apparition permise essentiellement par la crise actuelle qui provoque un véritable émoi de la population, celle-ci craignant une dévaluation massive de la monnaie nationale.

A l’heure actuelle, du fait du développement du marché noir, deux cours du rouble de Biélorussie existent:

– le cours officiel qui est imposé aux particuliers

– le cours dévalué qui s’applique uniquement pour les banques et les entreprises

Dans quasiment tous les pays qui pratiquent plusieurs taux de change, un véritable marché noir s’est développé, comme c’est notamment le cas du Venezuela. En Biélorussie, la population se rue sur le marché noir, en dépit de la répression policière, afin de pouvoir acheter des dollars 20% plus cher que le taux officiel.

La prochaine uniformisation des taux de change devrait stopper le développement de ce marché noir mais, du fait du prêt accordé par la Russie, Minsk devrait être de plus en plus dépendant de Moscou et devrait revoir à la baisse ses prétentions européennes qui s’étaient brièvement manifestées il y a deux ans.

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