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Forex: Faudra-t-il vraiment faire attention au PIB français demain?

Demain, le PIB français sera publié juste avant l’ouverture officielle des échanges boursiers en Europe, à 8h45, mais les investisseurs du forex seront déjà à l’affût. Le PIB portera sur l’évolution du deuxième trimestre 2013 avec un consensus de -0.2% identique au chiffre du premier trimestre ce qui risque techniquement de confirmer la récession dans le pays.

Est-ce pour autant un chiffre qu’il faudra prendre en compte pour trader l’eurodollar?

Habituellement, la situation économique de la France n’est pas la première préoccupation du marché des changes. Les données pour l’Europe qui comptent viennent habituellement d’outre-Rhin, que ce soient le PIB, les chiffres exportations ou encore l’indice IFO. Pour autant, le marché ne négligera pas totalement cette annonce bien qu’elle ne devrait pas fondamentalement avoir un effet immédiat sur le taux de change de l’eurodollar.

En effet, depuis plusieurs mois, on parle d’une contagion de la crise aux pays core de la zone euro, notamment la France. Depuis le dernier trimestre de l’année 2012, le PIB est dans le rouge avec notamment un solde extérieur négatif du fait en particulier d’une baisse des exportations (de -0.5% au premier trimestre 2013 après -0.7% au dernier trimestre 2012). A l’inverse, les importations semblent se stabiliser ce qui constitue en soi une bonne nouvelle.

Avec ces nouveaux chiffres, le marché des changes devrait avoir confirmation de la situation délicate de la France, qui reflète surtout le naufrage économique de la zone euro. Cependant, au regard des derniers trimestres, et de récents chiffres, comme le climat des affaires en France, le redressement est en cours. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a d’ailleurs confirmé cela lors de sa dernière intervention publique.

Cependant, bien que la reprise soit en vue à la fin de l’année, la question que se pose le marché des changes est double: est-ce que le gouvernement français va réussir à mettre en oeuvre les réformes structurelles qui s’imposent, au niveau du marché du travail et des retraites notamment, et est-ce que la BCE va décider d’agir pour apporter un soutien supplémentaire à la reprise économique.

Jusqu’à présent, Francfort s’est évertué à intervenir en direction du système bancaire, afin de faciliter le retour à la liquidité, et par effet de corollaire, de relancer le marché du crédit. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la BCE a rempli son rôle, à ce niveau. Toutefois, le crédit reste à de faibles niveaux, surtout à cause d’anticipations négatives des agents économiques, notamment en France, qui craignent une hausse des impôts encore dans les années à venir. Les effets ricardiens jouent pleinement. C’est donc bien le gouvernement français qui devra restaurer, comme on a coutume de dire, la confiance.

Pour le marché des changes, le résultat du PIB français pourrait aiguiller une nouvelle action de la BCE à terme, notamment vers une baisse des taux d’intérêt, qui sont déjà extrêmement bas. Mais nous n’en sommes pas encore là et la balle reste clairement dans le camp du gouvernement.
 

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