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La baisse du yen réactive la guerre des devises

Hier, le Premier ministre luxembourgeois, Jean Claude Juncker, qui dirige pour encore quelques mois l’Eurogroupe, a déclaré que “le taux de change de l’euro est dangereusement élevé“, soulignant par la même que la nouvelle politique monétaire que souhaite mettre en oeuvre le Japon afin d’affaiblir le yen n’est pas sans danger. Cela risque de nouveau d’entraîner l’économie mondiale dans une guerre des devises, un phénomène désormais récurrent depuis 2008.

En dépit de la tendance à long terme à la baisse du yen, la monnaie nippone a augmenté hier après des commentaires du ministre de l’Economie japonais qui ont été interprétés par les cambistes comme indiquant que Tokyo ne souhaite pas que la dépréciation du yen aille trop vite. Des commandes de machines en novembre meilleures que prévu ont également soutenu à la marge le cours du yen. Cette progression du JPY a notamment eu pour effet une chute du Nikkei de près de 2.4% aujourd’hui.

Le marché des changes va désormais se focaliser sur les prix à la consommation pour le mois de décembre qui vont être publié en eurozone et aux Etats-Unis. Pour l’eurozone, il s’agit d’une estimation finale donc cela devrait avoir peu d’importance sur les échanges car les investisseurs se fient habituellement à l’estimation première. Outre-Atlantique, le consensus s’attend à une hausse de l’inflation à 1.8% sur un an en décembre contre 1.9% précédemment, principalement en raison d’une baisse des prix à la pompe. Par ailleurs, la production industrielle américaine pour décembre et l’indicateur du marché de l’immobilier NAHB sont aussi prévus, avant la publication du Livre Beige de la banque centrale américaine en soirée.

On notera deux discours importants pour le marché des changes en Europe, ceux d’Asmussen et de Novotny. Enfin, la saison des résultats se poursuit à New York avec Goldman Sachs, JPMorgan Chase et eBay. Pour l’instant, ces résultats ont eu une influence mineure sur les cours des principales devises.

Les opérateurs du marché des changes attendent également avec beaucoup de vigilance la réunion de la Banque du Japon au début de semaine prochaine. Il semble de plus en plus que les cambistes revoient à la baisse leurs prévisions, s’attendant à ce que la banque centrale ne parvienne finalement pas à surprendre le marché, ce qui explique donc en partie la baisse des paires en JPY. Il faut toutefois rester prudent car après les nombreuses déclarations des responsables nippons, on voit mal comment la banque centrale ne pourrait pas sortir l’artillerie lourde, notamment la mise en place d’une cible d’inflation à 2% et de nouveaux rachats d’actifs. La phase de renforcement du yen pourrait donc ne pas durer.

La guerre des devises est aussi l’autre sujet de préoccupation du moment. Jean Claude Juncker a réussi à faire baisser l’euro à la suite de ses propos. Le vice-gouverneur de la banque centrale norvégienne a également fait un peu plier la NOK sur le marché suite à une déclaration similaire mettant en garde contre la force de la monnaie nationale. Toutefois, on s’attend, en raison des politiques monétaires mises en place de part et d’autre, à un renforcement de l’euro au cours de cette année mais aussi des devises périphériques, comme la couronne norvégienne. Les déclarations publiques risquent de ne pas avoir un effet de long terme sur le marché des changes.

 

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