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La BNS rate son coup

Le marché des devises, contre nos attentes, reste pour l’instant en position d’attente pour le deuxième jour consécutif, et continue à se chercher une direction. Les devises se traitent essentiellement dans le range.

Le marché américain des actions a fini hier soir en hausse, ce qui a donné un coup de pouce aux devises corrélées positivement au sentiment du risque, qui s’est propagé en Asie et ce matin en Europe.

En Chine, la bourse a pris 2.78%, suite à une excellente nouvelle en provenance des exportations chinoises, qui ont augmenté de près de 50%.

Sur le marché des matières premières, l’or a atteint son plus haut niveau historique à 1211.11 USD l’once, et au vu de l’incertitude grandissante sur les marchés, il est probable que cette tendance va se poursuivre.

Ceci dit, à cette significative exception près, le marché est donc très tranquille et il n’y a pas d’événements très notables à raconter.

Nous pouvons donc nous permettre de prendre le temps de s’étendre sur la dernière intervention de la BNS sur le marché des changes. On le sait, le CHF continue sa progression, surtout face à l’Euro, fidèle à sa réputation de monnaie sûre et grâce aux relatives bonnes performances de l’économie suisse. Cette appréciation déplait fortement à la BNS, qui y voit un danger pour les industries suisses d’exportation.

Nous avons eu l’occasion à de nombreuses reprises par le passé de critiquer cette politique interventionniste, que ce soit de la part de la BNS, ou d’autres banques centrales par ailleurs. Les trois arguments centraux contre l’interventionnisme étatique, à travers les banques centrales, sont assez simple.

Le premier est que cette intervention est inutile puisqu’à terme, une banque centrale ne peut pas se battre contre le marché. Si une monnaie a une raison fondamentale pour s’apprécier, elle finira, tôt ou tard, par s’apprécier. C’est ce qu’on est en train de constater à nouveau dans le cas de la BNS, qui ne parvient pas à enrayer l’appréciation du CHF, tout seulement parce que l’euro souffre d’un véritable problème, qu’il n’appartient pas à la BNS de régler.
 
Le deuxième est que cette intervention coûte cher, et même très cher. L’argent utilisé pour acheter des devises sur le marché des changes ne tombant pas du ciel, il doit être pris ailleurs, en l’occurrence du contribuable et/ou du consommateur, qui auraient mieux à faire avec leur argent.

Enfin, même si l’intervention atteignait son but, qui nous dit que son objectif est positif ? L’objet de l’intervention est de favoriser les industries d’exportation, mais il est clair qu’un franc suisse fort, par exemple, favorise le consommateur suisse, qui a dans sa poche un franc valant plus d’argent, ce qui lui donne du pouvoir d’achat. Au nom de quoi et selon quel critère exactement est-ce que la banque centrale décide que les exportateurs sont plus importants que les consommateurs ?

Dans ce contexte, il faut noter que la BNS a publié les chiffres de ses réserves de devises, qui ont énormément augmenté en mai, signe qu’elle a procédé à des achats massifs. Ces réserves sont passées en un mois de 153 milliards de CHF à 232 milliards, soit une hausse de 79 milliards de CHF, soit plus de 50% en un seul mois !!!!

Le problème est que non seulement ça n’aide pas, mais ça encourage les traders à aller contre la BNS, ce qui a poussé le CHF immédiatement à la baisse de manière très marquée, la paire EUR/CHF passant de 1.3900 à 1.3757.

De toute manière, plus on avance et plus on a le sentiment qu’il est irrationnel de s’attendre à un comportement rationnel de la part des autorités politiques, monétaires et financières.

N’oubliez pas vos stops !

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