Press "Enter" to skip to content

La bulle des devises émergentes s’effondre

Avec la crise actuelle, l’Europe, spécialement la zone euro, a du pain sur la planche. Bien que la situation ne soit pas catastrophique, loin de là, il suffit de regarder les récents chiffres publiés par la France pour s’inquiéter pour les trimestres à venir. Le premier ministre français François Fillon a dévoilé les chiffres en début de semaine dernière : d’après les dernières statistiques, la France devrait connaître un taux de croissance situé entre -1 et -1,5% au cours de l’année 2009 et le déficit public devrait approcher les 5% du PIB, bien au delà des critères de Maastricht. Toutefois, la France, au moins au niveau de la dette, s’en sort toujours mieux que les Etats-Unis.

Cependant, dans ce contexte de crise où le « chacun pour soi » joue toujours un peu, comme l’a montré la réticence des dirigeants de la zone euro à mettre en place un vaste plan d’aide européen en direction des Peco, certains oublient un peu vite qui sont en première ligne dans cette crise.

En effet, si les perspectives économiques outre atlantique, dans la zone euro ou encore au Japon sont maussades et déprimantes, elles sont encore pire dans les pays émergents. Dans cette crise, une nouvelle fois, ce sont les marchés émergents qui sont en première ligne. Evidemment, il s’agit des pays d’Europe Centrale et Orientale qui ont fait la Une de l’actualité en raison de l’avertissement émis en février par l’agence de notation Moody’s.

Seulement, ils ne sont pas les seuls à souffrir de l’actuelle crise économique qui se traduit notamment par une véritable dégringolade des devises. La Russie est également en première ligne, directement touchée par la baisse du cours des matières premières. Ceux qui pronostiquaient il y a encore quelques mois un découplage entre les pays occidentaux et l’Asie en ont pour leur frais puisque les pays asiatiques sont les plus durement touchés par la crise. A chaque regain d’aversion pour le risque, leurs actifs chutent. Les bourses de la région plongent, certains redoutant qu’elles renouent avec des niveaux de valorisation proches des précédentes crises, et les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la capacité des Etats à faire face à leur dette.

Sur le marché des dérivés de crédit, le coût de la protection contre le risquer de défaut de paiement des pays émergents est en chute libre depuis des semaines.

Ces inquiétudes se répercutent directement sur les devises de la région. Ainsi, que ce soient le won coréen, le roupie indienne ou encore toute autre devise de la zone Asie, toutes sont en pleine dégringolade face au dollar sur le marché des changes. Il suffit de regarder les chiffres : d’après les dernières statistiques, depuis le début de l’année, le won a perdu près de 20%, le dollar de Singapour 8% et le baht thaïlandais environ 4%. D’après les analystes du marché des devises, cette chute n’est pas prête de s’arrêter et la plupart pronostiquent que l’ensemble des devises des pays émergents pourrait encore baisser de 20% sur le marché. La bulle se dégonfle.

Be First to Comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *