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La Chine resserre le contrôle sur les prêts bancaires

Les autorités de régulation financière en Chine ont ordonné aux institutions financières de resserrer les contrôles sur le risque et de vérifier très attentivement la capacité des emprunteurs à repayer leurs dettes. Le gouvernement a aussi demandé aux banques de garder le niveau de prêt stable et de mettre de côté des réserves additionnelles pour faire face à d’éventuels problèmes dans le futur. Ces mesures sont prises dans le contexte de la vigilance accrue de la Banque centrale chinoise face au risque de mauvaises dettes.
 

L’ordre du gouvernement de Beijing vient après d’autres mesures prises ces derniers mois, au vu des craintes de surchauffe de l’économie et de la formation d’une bulle immobilière, qui pourrait dégénérer en crise financière et immobilière générale, à l’image de ce qui s’est passé aux Etats-Unis ces deux dernières années. Le gouvernement chinois est persuadé que l’on assiste à la création d’une bulle, poussée par les plans de « stimulation de l’économie » des gouvernements occidentaux, ce en quoi il a probablement raison.

Le dilemme du gouvernement central est néanmoins d’éviter l’étouffement de l’économie par manque de crédit.  Il serait plus simple de tout libéraliser et de laisser faire le marché, ce qui serait aussi plus sûr parce que les prises de décision seraient décentralisées, avec donc un risque d’erreur moindre, mais ce ne sera pas le cas, bien entendu. Ce seront donc des bureaucrates du Parti communiste chinois qui décideront de la marche à suivre pour les banques. Dans la mesure où la Chine devient rapidement la deuxième plus grande économie de la planète, ces mesures auront donc une influence sur tout le monde. Espérons que la Force soit avec eux et qu’ils ne prennent pas de trop mauvaises décisions.

La Commission de régulation bancaire chinoise, la CBRC, a annoncé dans un communiqué publié samedi qu’elle avait établi ces deux mesures de régulation pour améliorer la gestion du risque sur les prêts personnels et les prêts de nature professionnelle.
Pour cette dernière catégorie, la régulation spécifie que les banques doivent calculer les besoins réels des emprunteurs, prendre en considération leurs rentrées régulières, leurs dettes, leur capacité à repayer leurs dettes ainsi que d’autres facteurs, quand ils prennent en considération leur demande de prêts. On se demande toutefois pourquoi il y a besoin de régulation gouvernementale pour cela. Il nous semble que ces règles, qui semblent être bonnes en elles-mêmes, sont l’ABC du métier de banquier.    

Pour les prêts personnels, la régulation spécifie que les emprunteurs ne peuvent pas obtenir de prêt s’ils ne disent pas quel est son objectif. Cela semble tomber sous le  sens mais en fait, si l’emprunteur a la capacité de rendre son prêt, en quoi cela concerne-t-il le prêteur de connaître l’utilisation finale de l’argent. Cela semble être une mesure qui risque de limiter inutilement le taux de prêts dans l’économie chinoise, et donc limiter sa croissance sans raison valable.   

Les dirigeants politiques chinois ont aussi mis en garde les banques de prêter de l’argent pour des projets immobiliers et industriels« inutiles ». Le gouvernement craint que de tels projets encouragent l’inflation ou plombent les bilans des banques si ils échouent. On se pose évidemment la question simple qui est de dire qui va décider si un projet est inutile ou non. Sera-ce le gouvernement? On sent le ridicule et la paranoïa pointer dans cette mesure. 

Le 12 février dernier, les sociétés ont été forcées d’augmenter leurs réserves d’un demi-point, à 16.5% pour les gros prêteurs et à 14.5% pour les petits.

Le gouvernement chinois a annoncé plus tôt ce mois que les prêts bancaires ont augmenté pour le mois de janvier à 1.4 trillion de Yuan, soit la coquette somme de 200 milliards d’USD. Cela représente presque 20% de la somme totale prévue pour l’année 2010. Et tout ceci en dépit d’un ordre gouvernemental précédent, du 12 janvier, aux banques pour lever les réserves de 0.5%, ainsi que d’injonctions répétées de garder les prêts à un niveau raisonnable.

Les banques chinoises devraient en fin de compte malgré tout baisser cette année leur niveau général de prêt à 7.5 trillions de Yuan, soit 1.1 trillion d’USD, après avoir prêtées 9.5 trillions de Yuan l’année dernière, soit 1.4 trillion d’USD, selon les chiffres donnés par Liu Mingkang,le régulateur en chef de l’industrie financière et bancaire chinoise.

On peut toujours y croire, mais parions que lorsque l’on fera les comptes dans un an, les chiffres seront supérieurs aux attentes actuelles du gouvernement chinois.

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