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La crise de la dette absente de “Parole de candidat” sur TF1

C’était présenté comme le grand rendez-vous de la chaîne TF1 en cette période électorale et, après deux émissions, il semble désormais évident que “Parole de candidat” un échec au moins en termes d’audience. Hier, Laurence Ferrari recevait le candidat socialiste François Hollande, député de Corrèze, qui est donné favori dans les sondages. Prix du tabac, éducation, soutien aux jeunes et aux plus âgés, tout fut évoqué ou presque.
 
Ou presque puisque la crise de la dette, qui est pourtant au coeur du débat politique, ne fut évoquée qu’à demi-mot, en l’espace de moins de deux minutes. C’est grâce à une question du chef du service économique de TF1/LCI, François Xavier Pietri, que le débat a réussi momentanément à aborder le sujet.
François Xavier Pietri a interrogé le candidat socialiste sur les conséquences éventuelles d’une remise en cause du traité européen sur l’avenir de la zone euro, remise en cause qui constitue l’une des principales propositions du PS au niveau européen.
 
Le candidat Hollande s’est empressé en introduction de souligner que l’Europe fut très mal dirigée pendant deux ans et a regretté qu’il ait fallu 17 sommets européens sur la Grèce pour aboutir à une solution bancale et évoquée dès les premiers mois, à savoir un effacement d’une partie de la dette du pays et une restructuration de l’autre partie de la dette. Trop de retard, trop de conditions posées, un tel constat ne peut être que partagé par tous, peu importe la couleur politique.
 
En revanche, à moins de se plonger dans le programme du Parti Socialiste et des déclarations précédentes du candidat, on regrettera qu’il n’ait pas davantage développé ses idées pour surmonter la crise (qui est encore bien existante!!!). L’émission allant sur sa fin, cela a certainement joué. On apprend simplement que François Hollande milite en faveur d’une augmentation des moyens du Fonds européen de secours mis en place, le FESF qui sera remplacé bientôt par le MES, sans préciser malheureusement dans quelle ampleur. Il a aussi appelé à ce que la BCE agisse plus vite et plus fort à l’avenir. Le rôle de la BCE dans la gestion de crise n’est pas davantage expliquée par ces propos. Faut-il que la BCE soit un prêteur en dernier ressort, comme il est parfois évoqué? Une chose est certaine, il appelle à davantage de croissance: “Il faut remettre l’Europe sur un sentier de croissance“, a-t-il déclaré. Une nécessité qui sera certainement partagée par tous les candidats au poste de Président de la République.
 
L’inconvénient manifeste de ces grands rendez-vous télévisuels où on prétend donner la parole aux français, c’est que les vrais chantiers ne peuvent être abordés que superficiellement. Croissance, chômage, crise de la dette souveraine, compétitivité sont quelques uns des chantiers qui auraient dû être expliqués plus en profondeur au lieu de s’arrêter sur des expériences individuelles et des exemples précis à partir desquels il est impossible d’esquisser une vraie politique de réformes.

 

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