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La crise grecque s’étend

La baisse de la note de crédit de la Grèce et du Portugal par S&P ainsi qu’une mauvaise émission d’obligations souveraines italiennes a envoyé les marchés financiers européens, obligataires et ceux des actions, à la baisse de manière spectaculaire.

S&P a baissé la note du Portugal de deux rangs et a envoyé la dette grecque au rang de « junk », c’est-à-dire des obligations avec une forte probabilité de défaut sur la dette. Il s’agit du premier pays européen à être rétrogradé à ce niveau. La contagion est maintenant bien enclenchée et on peut s’imaginer que les autorités de l’Union monétaire européenne vont agir très rapidement, sans attendre pour les élections locales allemandes du 9 mai, pour mettre un terme à la situation de crise.

L’Euro a quant à lui pris un très gros coup sur la tête et s’est proprement écroulé face aux autres devises. La paire EUR/USD a atteint son niveau le plus bas de l’année à 1.3159 alors que les investisseurs se ruent sur le Dollar et le Yen.

La paire USD/JPY a aussi légèrement reculé avant de rebondir ce matin et de se stabiliser pour l’instant aux alentours de 93.4450.

Les marchés actions de par le monde ont réagi de manière tout aussi dramatique aux événements, qui ne le sont pas moins.

Ce matin, le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a dit que les négociations avec la Grèce avançaient bien et qu’il n’était pas question d’arriver à un accord de restructuration de la dette. Il a dit que le plan de sauvetage pourrait être activé dès le 10 mai, mais le problème est qu’au rythme de la désintégration des marchés, cela risque d’être beaucoup trop tard.

De son côté, le FMI semble être en train de considérer une hausse de sa participation au plan de sauvetage de la Grèce au-delà des 10 milliards d’euros déjà promis, afin d’éviter que la crise de la dette coule le navire grec et entraîne avec lui l’armada européenne.

Aux Etats-Unis, le Dow et le S&P ont perdu respectivement 1.90% et 2.34%, tirés à la baisse par les financières. En Asie également, les marchés actions se sont écroulés suite aux craintes en provenance des problèmes de la dette européenne.

Ben Bernanke a dit hier soir dans une annonce dramatique que les Etats-Unis devaient produire très rapidement un plan pour couper le déficit, faute de quoi les taux d’intérêts allaient monter.

Sur le marché des devises, la paire EUR/USD a été celle qui a attiré, par la force des choses, le plus d’attention, surtout après les mauvais résultats de l’émission obligataire italienne. Alors que la paire se traitait encore aux alentours de 1.33, elle a commencé sa baisse, d’abord calmement, avant de chuter lourdement suite à l’annonce de S&P, qui a causé un mouvement de panique, alors que les investisseurs fuient l’Euro pour aller se réfugier dans des avoirs plus sûrs, le dollar et le Yen.

La grande question est maintenant politique. Est-ce que les décideurs européens vont essayer de faire quelque chose pour enrayer la crise ou va-t-elle continuer à se développer ?

Seul l’avenir nous le dira. Une chose est claire en tout cas: l’ère des gens qui pensent que les gouvernements peuvent faire ce qu’ils quand ils veulent est terminée. Les marchés viennent de démontrer qu’il y a une limite à tout, y compris à l’irresponsabilité gouvernementale.

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