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La Fed au cœur de l’Actualité

En ce début de séance, la monnaie unique européenne a repris un peu de couleur dans l’attente de nombreux indicateurs et des réunions des banques centrale américaine et japonaise. Hier, l’euro avait connu une mauvaise séance en raison de l’aversion pour le risque qui a cependant avantagé le yen, au grand dam de Tokyo. L’incapacité des ministres des Finances de la zone euro à s’accorder sur un plan d’aide clair en faveur de la Grèce a favorisé l’aversion pour le risque. Cependant, une nouvelle réunion doit se tenir à ce sujet aujourd’hui qui pourrait éventuellement aboutir à des éclaircissements.

La publication de l’indice ZEW pour l’Allemagne devrait également avoir un impact majeur sur le taux de change de l’euro face aux valeurs refuge. Un baromètre en hausse pourrait servir l’euro tandis qu’un baromètre en baisse pourrait confirmer les craintes des investisseurs sur le retour à la croissance dans la zone euro.

De plus, les investisseurs guetteront attentivement les réunions de la Fed et de la BoJ. La Banque du Japon pourrait annoncer de nouvelles mesures d’assouplissement afin d’aider l’économie nippone. Le rapport mensuel publié hier par le gouvernement a souligné que les perspectives économiques sont meilleures mais le gouvernement a demandé à la banque centrale de prendre des mesures afin d’aider à la relance de la consommation et d’enrayer l’appréciation du yen sur le marché des changes. Il est toutefois peu probable que la banque centrale prenne cette semaine des mesures permettant une baisse de la devise nippone selon la plupart des analystes.

La Fed est au cœur de l’actualité en ce début de semaine avec, d’une part la présentation du projet de loi de réforme financière par le président de la Commission bancaire du Sénat, Christopher Dodd, et d’autre part la réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale américaine. Les investisseurs escomptent que la banque centrale divulgue de nouvelles pistes concernant l’abandon progressif des mesures exceptionnelles prises au plus fort de la crise. Au mois de décembre, la Fed avait déjà dévoilé un calendrier non exhaustif à ce sujet.

De plus, la Fed a été confirmée dans son rôle de principal régulateur du secteur bancaire hier mais pourrait être dotée de nouveaux pouvoirs si le projet de loi présenté est adopté, ce qui semble probable vu l’accord existant entre Démocrates et Républicains à ce sujet au Congrès. Bien que le rôle de la banque centrale américaine fût vivement critiqué ces derniers mois dans la gestion de la crise économique et financière, le lobbying mené par Ben Bernanke auprès des parlementaires semble avoir payé. Non seulement la Fed conserve son autorité de tutelle sur les groupes bancaires dont l’actif dépasse 50 milliards de dollars (les autres étant sous l’autorité de la FDIC), mais en plus la banque centrale américaine voit ses prérogatives considérablement s’accroître.

Ainsi, la Fed pourrait exercer une autorité de tutelle sur l’organisme financier de protection du consommateur dont l’idée fut proposée par la Maison Blanche avant d’être reprise par les parlementaires américains. Ce nouvel organisme aurait pour mission de rédiger une réglementation contraignante pour les banques dont l’actif dépasse 10 milliards de dollars. De plus, comme prévu, un conseil du risque systémique pourrait voir le jour, afin de s’assurer de la stabilité du système financier. Afin d’éviter l’épisode AIG, ce conseil pourrait autoriser la banque centrale américaine à ordonner le démantèlement en ordre d’un intermédiaire financier dont la chute pourrait engendrer un risque systémique.

Pour conclure, le yuan fait également de nouveau la Une de l’Actualité en ce mardi puisque des membres du Congrès américain ont adressé une lettre au secrétaire au Trésor Tim Geithner afin de demander à ce que la devise chinoise soit inscrite sur la liste des monnaies manipulées dans le rapport annuel rendu par l’administration démocrate le mois prochain. Une telle initiative a peu de chances d’aboutir, Washington ne souhaitant certainement pas froisser davantage Pékin. En cas de refus de l’administration, les parlementaires ont menacé de porter le litige devant l’OMC, ce qui semble également peu crédible.

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