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Le dollar, absent des débats mais pas des esprits

Même si son impact fut plutôt très limité sur le cours des devises, le sommet du G20 à Londres de jeudi dernier a créé un tapage médiatique incroyable, chacun se félicitant au terme de cette réunion marathon, parfaitement préparée en amont, du succès historique de cette rencontre des Chefs d’Etat et de gouvernement des puissances du nouvel ordre mondial, nouvel ordre mondial qu’il reste encore à définir.

Au delà des critiques qui pourraient être formulées au sujet du G20, force est de reconnaître qu’il aura au moins permis à certains pays, comme la Chine, de rompre avec le profil bas entretenu depuis des années. En effet, la Chine, accompagnée par la Russie et les pays émergents, a fait une entrée remarquée à quelques jours du sommet en appelant à mettre fin à l’hégémonie du dollar. Droits de tirage spéciaux du FMI pour Pékin, ou création d’une nouvelle monnaie de réserve internationale ex nihilo pour la Russie, peu importe les propositions, elles ont mis en lumière la quête de reconnaissance des pays émergents.

En fait, l’hypothèse d’un remplacement, du moins dans l’immédiat, du dollar en tant que monnaie de réserve internationale est totalement utopique. La Chine en a certainement conscience mais a voulu montrer sa capacité de rassemblement autour de sa seule voix. En fait, comme le rappellent les économistes, pour qu’une nouvelle monnaie de réserve internationale ne s’impose, il faut déjà du temps. Rappelant à volonté l’exemple du dollar qui a mis près de trente ans à s’imposer face à la livre sterling dans la première moitié du 20ème siècle, les économistes font également falloir qu’à l’heure actuelle, seul le dollar est en mesure d’être considéré comme une monnaie de réserve.
 
En effet, pour qu’une devise soit considérée comme telle par les investisseurs, elle doit fournir une double sécurité, d’une part patrimoniale, d’autre part militaire. En d’autres termes, il faut que les réserves soient garanties et que les investisseurs puissent placer leurs capitaux dans un environnement économique régis par la loi et, enfin, le pays en question doit pouvoir jouer un rôle militaire au niveau international qui puisse garantir une relative stabilité, permettant les investissements. Le dernier critère explique pourquoi le yen n’est pas une monnaie de réserve. De même, dans l’état actuel des choses, le yuan ne pourrait pas le devenir non plus, la Chine étant un pays non démocratique où l’Etat de droit n’est pas garanti.

En fait, bien que le dollar ait été dans tous les esprits, une refonte du système monétaire international est loin d’être d’actualité, les pays occidentaux s’y opposant majoritairement. Ainsi les tribulations politiques du dollar ont peu influé sur son cours cette semaine.

L’évènement majeur de la semaine était plutôt la décision tant attendue de la Banque Centrale Européenne. Les analystes avaient prévenu de ne pas jouer l’euro à la baisse mais ils ont certainement été surpris par la portée de la décision de Francfort. En effet, alors que la majorité des experts du marché des devises attendait une baisse de 0,5%, Jean Claude Trichet a annoncé une baisse de seulement 0,25%, permettant à l’euro de s’afficher en nette hausse face au dollar sur le marché des changes. Cette remontée de l’euro s’est poursuivie vendredi grâce aux mauvais chiffres du chômage aux Etats-Unis qui étaient largement attendus. Enfin, Jean Claude Trichet a donné rendez vous aux investisseurs et aux journalistes début mai pour l’annonce de mesures d’assouplissement quantitatif, ces dernières étant à l’étude à l’heure actuelle.

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