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Le dollar finance les stratégies de carry trade

Le phénomène est assez inhabituel pour le souligner : depuis la fin août, le dollar américain est devenu la monnaie vedette des spéculateurs du marché des changes. Pendant toute la crise, le dollar a été perçu comme une valeur refuge par les investisseurs, du fait notamment du soutien du gouvernement américain apporté à leur monnaie. A l’instar du yen, du franc suisse ou encore de l’or, le dollar inspirait confiance aux investisseurs en mal de valeur sûre.

Avec la reprise progressive de l’activité économique, les cambistes ont repris goût pour le risque et aussi pour les opérations de carry trade qui sont généralement plutôt délaissées en période de forte instabilité économique. Le carry trade, aussi appelé portage, consiste à emprunter de l’argent dans une monnaie dont les taux sont très bas afin d’investir sur une autre monnaie à taux élevée. Ainsi, l’accent est mis dans ce type d’opérations de trading sur le taux d’intérêt. Force est de constater que les taux d’intérêt américains à trois mois sont passés en dessous des taux japonais et suisse. Généralement, le yen et le franc suisse étaient victimes des opérations de portage au profit des dollars des antipodes à cause des taux pratiqués par les banques centrales.

En raison de la faiblesse des taux de la banque centrale américaine, le dollar américain a trouvé intérêt aux yeux des spéculateurs du marché des changes. La multiplication des opérations de carry trade sur le dollar américain exerce une pression à la baisse importante sur la devise américaine et fait exploser le cours des dollars australien et néo-zélandais. Ainsi, depuis le mois de mars, le dollar néo-zélandais a progressé de plus de 43% face au dollar, entravant au passage la reprise économique sur l’île. Lors de sa dernière réunion, la banque centrale néo-zélandaise s’est d’ailleurs inquiétée de cette forte appréciation de la monnaie nationale, laissant entrevoir la possibilité d’une intervention sur le marché des changes afin de rectifier le tir. En effet, l’appréciation de nombreuses devises face au dollar pénalise les exportations. Au cœur du débat, l’objet est bien la question de la compétitivité des pays en cette période de sortie de crise cruciale puisqu’elle correspond à une redistribution des cartes au niveau mondial.

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