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Le marché des devises épargné par la crise

Avec l’aimable collaboration de Chloé Magnier, directrice de la stratégie à Saxo Banque et Peter Rosenstreich, Chief Market Analyst chez ACM.

Les Bourses mondiales sont reparties à la hausse depuis le début de semaine à la faveur du plan d’action européen et du second volet du Plan Paulson qui correspond à une recapitalisation des banques américaines. Après une forte aversion pour le risque et une chute spectaculaire des cours des indices boursiers, les investisseurs semblent avoir, du moins pour le moment, retrouvé confiance dans le marché des actions. Toutefois, comme l’a prouvé hier encore la chute en Bourse de l’action de Dexia sur fond de possible nationalisation, les incertitudes demeurent et personne ne peut réellement s’aventurer à affirmer que la crise est derrière nous.

Dans ce contexte marqué par une certaine peur presque irrationnelle des investisseurs, qui a eu un effet boule de neige sur les Bourses mondiales, le marché des changes tire clairement son épingle du jeu. Certes, comme nous l’avions fait remarqué dans différents articles, l’aversion pour le risque n’a pas épargné le marché des devises ce qui s’est traduit par une forte appréciation du yen, notamment depuis l’épisode Lehman Brothers et une chute des devises émergentes et des devises généralement utilisées dans les stratégies de carry trade, comme les dollars australiens et néo-zélandais.  A titre d’exemple, le real brésilien a perdu depuis le 12 septembre 28% face au yen et la lire turque 19%.

Toutefois, ce rapatriement des capitaux n’est qu’une conséquence de la crise financière qui révèle au contraire les nombreuses opportunités que recèle le marché des changes. En effet, contrairement aux produits structurés, le Forex ne contient pas de risques cachés puisqu’il ne s’agit que de vendre ou d’acheter une devise contre une autre. Ainsi, profitant de la crise financière, de nombreux investisseurs ont reporté « leurs stratégies de trading et d’investissement sur le marché des changes », comme le fait remarquer Chloé Magnier, directrice de la stratégie à Saxo Banque. Cette dernière confirme d’ailleurs avoir constaté une augmentation sensible des volumes traités sur le Forex depuis le 15 septembre dernier, date de la faillite de Lehman Brothers. Ainsi, le 15 septembre, les volumes traités par les clients français sur les plateformes de trading de Saxo Banque étaient deux fois supérieur au volume moyen quotidien traité sur la période du 1er au 14 septembre. Ce mouvement s’est par ailleurs considérablement amplifié depuis le début de la crise financière les jours de forte baisse des indices boursiers. Peter Rosenstreich, Chief Market Analyst chez ACM confirme également cette tendance en soulignant que, grâce aux reports d’investissement sur le marché des changes, ACM a dépassé « les 150 milliards de volume mensuel traité durant le mois de septembre ».

Ainsi, l’absence de risques cachés sur le marché des changes a rendu le Forex beaucoup plus attractif pour de nombreux investisseurs qui pensent pouvoir y placer leur argent avec moins de risques qu’en bourse. En effet, comme le rappelle Chloé Magnier, « l’investisseur ou le trader averti peut toujours générer des profits sur le forex », ce qui est un atout considérable en ces temps d’incertitude. 

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