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Le réveil sera douloureux pour le marché des changes

La fin d’année fut plutôt positive pour le marché des changes. Sur le mois de décembre, l’euro a conforté son avance face au dollar avec un gain de 2.13% et également face au yen avec une hausse encore plus importante de l’ordre de 7.55%. Les devises matières premières ne sont pas en reste avec un gain de 4.70% pour le dollar australien face au yen.

Deux facteurs expliquent cette bonne tenue du marché des devises en cette fin d’année: un mouvement psychologique des cambistes, le traditionnel rallye haussier des vacances de Noël, et les attentes fortes des investisseurs vis à vis de la nouvelle politique monétaire que pourrait adopter la Banque du Japon dès fin janvier 2013.

Toutefois, le réveil pourrait être difficile dès mercredi 2 janvier pour les investisseurs. En effet, malgré les efforts de dernière minute, jusqu’à présent, aucun accord entre républicains et démocrates n’a été trouvé pour éviter les coupes budgétaires massives. Pourtant, les démocrates ont fait un geste en acceptant en acceptant d’augmenter le seuil de revenu pour les hausses d’impôts à 450 000 dollars par an conte une proposition initiale à 250 000. Les républicains campent pour le moment sur un seuil de 550 000 dollars. Un accord de dernière minute n’est pas à exclure mais il y a fort à parier qu’il ne satisfasse finalement personne. De fait, la bataille budgétaire pourrait reprendre fin janvier/début février avec la question épineuse du relèvement du plafond de la dette qui a été atteint aujourd’hui même. Dans l’histoire politique américaine récente, un tel relèvement n’est en rien exceptionnel mais vu la configuration actuelle du Congrès, cela pourrait donner lieu à une nouvelle passe d’armes entre les deux partis.

En cas d’absence d’accord d’ici à ce soir, alors il y a fort à parier que le marché des changes se réveille plutôt comateux après-demain ce qui sera marqué par un repli sur les valeurs refuges, en particulier le yen.

Malgré l’accalmie sur le front européen au cours du mois de décembre, les défis sont nombreux. C’est d’ailleurs, en substance, ce que va déclarer la chancelière Merkel ce soir aux Allemands lors de ses voeux.

Le marché des changes doit s’attendre à un contexte économique difficile marqué par une récession mais également à un rebond de la question de la dette souveraine. Le marché, rassuré par le dispositif annoncé en septembre dernier par la BCE, est prêt à accepter une demande d’aide officielle de l’Espagne. Au cours des vacances, alors que tout le monde se préoccupait des achats de Noël, un haut responsable espagnol a confirmé que son pays n’a pas rejeté l’idée d’une assistance internationale. Le réel danger ne vient en fait pas de l’Espagne mais plutôt de la Grèce. En effet, malgré la drastique cure d’austérité qui a été décidée, le pays est toujours incapable de faire face au poids de sa dette. A terme, l’idée d’un effacement, au minimum partiel, au mieux total, de la dette du pays va faire son chemin au sein de la classe dirigeante européenne, y compris chez les Allemands, lorsqu’ils auront compris qu’ils n’ont pas d’autre choix. Après les efforts massifs engagés pour éviter en 2012 un éclatement de la zone euro, les Européens ne peuvent pas se permettre que la Grèce subisse un défaut désordonné et sorte de l’Union.

En France, contrairement à ce que laissait entendre récemment The Economist, l’économie du pays n’est pas en train de sombrer. Toutefois, elle est en phase de pause. Aucun retour de la croissance n’est en vue et on voit donc mal comment le gouvernement pourrait inverser la courbe du chômage et également respecter son objectif de déficit à 3% sans faire subir au pays une cure d’austérité drastique. Le gouvernement peine à redynamiser l’économie française. La seule mesure récemment applaudie par les marchés fut le crédit d’impôt aux entreprises qui n’a pas subi la censure du Conseil Constitutionnel. Cependant, beaucoup de chemin reste à parcourir pour restaurer la compétitivité de la France. L’impossibilité des partenaires sociaux à parvenir à une réforme du marché du travail, nécessaire pour sortir le pays de l’ornière, montre à quel point les défis sont nombreux. Si le pays n’est pas la nouvelle bombe à retardement de la zone euro, la France est en tout cas le nouvel homme malade de l’Europe.

 

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