Les économistes de Morgan Stanley expliquent la crise européenne

Suite à la hausse de l'incertitude sur les marchés et une semaine qui a enregistré les plus fortes baisses depuis octobre 2008, les économistes de Morgan Stanley ont publié pour leurs clients une analyse spéciale des marchés où ils essaient de répondre aux questions les plus importantes que ceux-ci se posent sur la crise de la dette européenne. Voici pour les lecteurs de Forex.fr les principaux points de leur analyse:

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Suite à la hausse de l’incertitude sur les marchés et une semaine qui a enregistré les plus fortes baisses depuis octobre 2008, les économistes de Morgan Stanley ont publié pour leurs clients une analyse spéciale des marchés où ils essaient de répondre aux questions les plus importantes que ceux-ci se posent sur la crise de la dette européenne. Voici pour les lecteurs de Forex.fr les principaux points de leur analyse:

– Pourquoi le plan de l’Union européenne et du FMI n’a-t-il pas réussi à stabiliser les marchés financiers?

Le plan d’aide à la Grèce a pour l’instant échoué dans le traitement de la crise parce que pour l’instant, les investisseurs ne croient pas dans la capacité du gouvernement grec à mettre en application son plan d’austérité, y compris les importantes coupes dans le budget national. Il est évident que cette mise en application du plan est une condition sine qua non de l’aide européenne, et que sans ça, il n’y aura pas d’aide européenne.

Les points d’interrogation des marchés sont renforcés par le fait qu’on n’a pas d’exemples récents de gouvernements ayant été capables de couper profondément dans les budgets en période crise. Par ailleurs, en général, dans des situations semblables, les gouvernements dévaluent leur monnaie et/ou créent de l’inflation et font ainsi payer les citoyens de manière silencieuse, sans rien leur demander, étant entendu que l’inflation est un impôt silencieux qui dévalue la valeur de la monnaie en possession des citoyens. Cette option étant bien entendu impossible pour un pays de la zone euro, les sacrifices doivent venir du côté fiscal, et il font donc couper dans les services de l’État, dans la bureaucratie et dans ses privilèges. 

Par ailleurs, le plan d’aide à la Grèce est perçue comme étant un transfert du risque de la Grèce vers la zone euro dans son entier et la question qui se pose est évidemment de savoir si l’Union européenne peut supporter le poids croissant des dettes de ses membres.

Finalement, les investisseurs perçoivent les mesures européennes comme étant seulement une réponse à une situation de crise, et non comme étant quelque chose qui pourra prévenir d’autres problèmes dans le futur, comme les décideurs politiques avaient essayé de le faire en 2008.

– Que faire pour que l’Euro se stabilise?

Il faudra un traitement adapté aux problèmes de la zone euro, qui sont essentiellement que les politiques publiques sont inadaptées, pas équilibrées et engendrent des déficits monstrueux. Ceci dit, même avec des mesures d’urgence, il faudra probablement plusieurs mois pour que l’Euro se reprenne, et il une aide extérieure est donc nécessaire.

D’un autre côté, le cours de l’euro face aux devises principales a été remis en ligne avec sa vraie valeur et donc il ne souffre plus de surévaluation, ce qui est un bon point. Par ailleurs, les avancées politiques dans l’acceptation des plans d’aide et l’aide du FMI sont des points très positifs qui devraient finir par aider la Grèce.

D’après les économistes de Morgan-Stanley, la faiblesse de l’Euro devrait se poursuivre pour les prochains mois, voire même les prochaines années, et son actuel est déjà au plus bas depuis 2008, ceci alors que la prochaine zone de résistance sérieuse se trouve aux environ de 1.24 face au dollar, soit un niveau où l’euro ne s’est pas trouvé depuis 2006.

Ensuite, on ne trouve pas de forte résistance forte jusqu’à son niveau de 2000, qui est à 1.05. On le voit, la chute libre de l’Euro pourrait fort bien se poursuivre…

– Est-ce que la chute de l’Euro ne va-t-elle pas amener une intervention généralisée sur le marché des devises international?

Ces deux dernières semaines, l’Euro a chuté d’environ 5% face au billet vert, bien que cela se soit fait dans des conditions de marchés normales. Cette baisse reflète simplement les données macro-économiques en Europe et les dettes gouvernementales phénoménales des pays de la zone euro.

Le modèle de Morgan-Stanley montre qu’à ce stade, la probabilité d’une telle intervention reste assez faible. Le point central qu’il faut garder à l’esprit est simplement le rythme de la dévaluation de l’euro. Si ce rythme devient trop rapide, il est possible que les autorités politiques interviennent pour baisser le niveau de volatilité.

– Pourquoi l’euro s’affaiblit-il maintenant? Les pressions existaient depuis longtemps?

Les pressions existent en effet depuis longtemps mais on s’attendait à ce que les problèmes soient résolus, ce qui n’a pas été le cas, à cause de la Grèce. Par ailleurs, le manque de croissance aux États-Unis rendait l’euro relativement plus attractif.

– Que font les banques centrales de leurs euros?

Il semble qu’elles suivent les marchés et vendent leurs euros, apparemment depuis décembre dernier, pour acheter des dollars à la place. En regardant vers l’avenir, il semble que ce processus va se poursuivre et que les banques centrales vont continuer à vendre leurs euros, de manière tout à fait progressive.

– Que peut-on apprendre de précédentes crises obligataires dans l’histoire?

Différentes options sont possibles. L’une est le développement d’une crise de liquidités, comme en Uruguay en 2003, et l’autre est de porter atteinte aux détenteurs des obligations, comme cela s’est passé en Russie en 1998 et en Argentine en 2001.

– Quelles sont les économies qui sont le mois exposées aux problèmes européens?

La principale victime de la crise de la dette européenne, à part la Grèce, sera le consommateur européen. Pas seulement les pays périphériques, mais aussi les pays du centre, comme l’Allemagne et la France. La demande des consommateurs diminuera et par conséquent, les principaux partenaires économiques et commerciaux de l’Europe souffriront. Évidemment, les pays proches du point de vue géographique seront ceux qui souffriront le plus, alors que la Chine, les États-Unis, l’Australie ou le Canada souffriront moins.

Faites attention à vos stops !!!

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