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Les nouvelles de la zone euro

La zone euro attire toujours autant l’attention des médias en ce lundi. La monnaie unique européenne continue sa remontée sur le marché des changes en dépit d’indicateurs qui laissent douter d’un rebond durable.

En effet, le sentiment économique de la zone euro a nettement baissé en mai, à 98,4 contre 100,6 le mois précédent selon les chiffres fournis par la Commission Européenne. Au niveau sectoriel, le sentiment de confiance dans l’industrie a progressé à -6 contre -10 en mars tandis que la confiance dans les services s’est fortement altérée, reculant à 3 contre 6 en mars. Par ailleurs, l’indicateur des anticipations d’inflation du consommateur, qui est étudié par la Banque Centrale Européenne afin de fixer sa politique monétaire, a continué de progressé à 12 en mai contre 8 en avril et 4 en mars. Pour autant, cela ne signifie pas que Francfort envisage prochainement de remonter ses taux. Il est probable que la politique monétaire de la banque centrale perdure jusqu’à la fin de l’été.

Dans une intervention devant l’assemblée annuelle des actionnaires, le gouverneur de la Banque d’Italie, Mario Draghi , qui était pressenti il y a encore peu comme le futur successeur de Jean Claude Trichet, s’est inquiété des effets des récents plans d’austérité adoptés un peu partout en Europe sur le rebond de l’activité économique. Récemment, l’Italie a présenté un plan d’austérité important, tout comme le Royaume-Uni ou encore l’Espagne. En revanche, la Grèce a affirmé ce week-end que de nouvelles mesures d’austérité ne sont pas prévues, ce qui a certainement créé un certain soulagement dans la population.

De plus, le gouverneur Draghi a repris, avec un peu plus de recul, une idée très française de lancement d’un gouvernement économique européen. Il a seulement parlé dans son discours de la nécessité d’une gouvernance économique plus active, ce qui n’a en fait pas laissé de doutes sur ses intentions puisque l’idée d’un gouvernement économique de la zone euro a été réactivée depuis quelques jours. Enfin, il a également plaidé en faveur du renforcement des sanctions économiques contre les pays qui ne respectent pas le Pacte de Stabilité, une position qui est notamment ardemment défendue par Berlin.

Deux membres de la Fed, les présidents respectifs de la Fed de Chicago et de Philadelphie, Charles Evans et Charles Plosser, se sont également inquiétés de l’impact éventuel de la crise de la dette de la zone euro sur le rebond de l’économie mondiale. Ils ont toutefois voulu se montrer assez rassurants concernant le redémarrage de l’économie américaine. Charles Plosser a notamment réfuté le scénario d’une reprise en «W » qui fut évoquée dans les milieux économiques ces derniers mois. Tous deux dépourvus de droit de vote cette année au Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, ils ont affirmé que la politique actuelle de la Fed ne devrait pas être modifiée dans l’immédiat, surtout pas à cause des déboires de l’euroland.

Pour autant, la croissance de l’activité économique mondiale pourrait être freinée, surtout si les pays émergents commencent à être touchés par les retombées de la crise grecque. Ce week-end, Ben Bernanke avait affirmé que le rebond de l’activité dépend surtout des pays émergents. Cependant, ceux-ci sont également confrontés à de nombreux défis, comme l’inflation et la surchauffe de l’économie. Le cas du Brésil est d’ailleurs emblématique des déboires de ces pays qui seront amenés dans les vingt années à venir à conduire la politique internationale.

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