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L’eurozone à l’arrêt en attendant la décision des sages de Karlsruhe

Ce début de semaine est dominé par l’attente de la décision de la Cour Constitutionnelle allemande sur la légalité du MES ainsi que par la réunion du FOMC de la FED, ce qui explique donc en grande partie les mouvements attentistes qu’on a pu observer depuis hier sur le marché des changes, et notamment sur l’EUR/USD.

Pour la plupart des analystes, il est acquis le tribunal donnera son aval au MES mais également au pacte fiscal qui va aussi être étudié. Il pourrait cependant émettre certaines exigences préalables à l’adoption des deux mécanismes européens. La décision ne sera rendue officielle que demain, d’ici là on observe une prudence de rigueur sur tous les marchés financiers.

Un rejet de ces dispositifs, jugé peu probable par les experts en droit, déclencherait la panique sur les marchés obligataires en remettant en cause toute future aide aux pays du sud de l’Europe frappés de plein fouet par la crise de la dette. Si les juristes anticipent une réponse positive de Karlsruhe, ils s’attendent aussi à ce que les juges constitutionnels fixent des garde-fous qui limiteront la marge de manœuvre de Berlin en vue d’une intégration européenne plus poussée.

Le MES, censé prévenir la contagion de la crise de la dette, doit prendre le relais du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Doté de 700 milliards d’euros, il doit recevoir le soutien de pays représentant 90 % des fonds apportés. Le feu vert de Berlin, premier contributeur, est donc indispensable. Le MES aurait dû entrer en vigueur le 1er juillet mais la Cour Constitutionnelle s’est donné deux mois, mi-juillet, pour examiner les requêtes déposées contre le mécanisme.

En cas de rejet, le FESF se retrouverait seul avec seulement 150 milliards d’euros à sa disposition, alors que l’Espagne et l’Italie sont dans la ligne de mire des marchés obligataires.

Un “scénario du pire” que n’écarte pas la banque Morgan Stanley. Dans une note, ses économistes jugent que la probabilité d’un “non”, qu’ils estiment à 40 %, n’a pas été suffisamment anticipée.

Dans le cas le plus probable, c’est à dire un “oui mais”, la Cour va certainement rappeler la nécessité de consulter les élus. En réclamant que le Bundesrat, la chambre haute du Parlement représentant les Länder, ait davantage son mot à dire, cela pourrait retarder l’adoption du MES. Mais la Cour pourrait aussi exiger que l’exposition de Berlin au MES soit limitée et que cette limite soit gravée dans le marbre de la Constitution ce qui pourrait alors provoquer des remous sur les marchés. Dans tous les cas, l’Allemagne garde la main lorsqu’il s’agit de l’avenir de la zone euro.

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