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Magaret Thatcher avait vu tout juste au sujet de l’Union Monétaire et de l’euro

Magaret Thatcher était une figure politique controversée, des deux côtés de la Manche d’ailleurs, mais il faut reconnaître qu’elle a su, très tôt, comprendre les raisons qui pourraient conduire à ce que l’euro soit un désastre pour les pays qui en font partie.

Dans ses deux autobiographies “10, Downing Street” (1993) et “Les chemins du pouvoir” (1995), elle fait le récit de ses discussions avec John Major, celui qui lui succèdera à la tête du Parti Conservateur et du Royaume-Uni dans la foulée de sa démission, sur l’Union Monétaire et Economique et explique la tactique qu’elle aurait mis en avant pour lutter contre ce projet.

Dans les grandes lignes, elle avait déjà mis en lumière les problèmes récurrents de l’euro qui apparaissent de manière flagrante de nos jours. Elle avait compris que l’Allemagne aurait tout fait pour imposer son orthodoxie monétaire au reste de l’Union, par souci de lutter contre une inflation galopante dont les souvenirs remontent à la République de Weimar, et elle craignait que le différentiel économique flagrant entre les différents pays membres conduise au final à rendre encore moins compétitifs les pays les plus pauvres, nécessitant à terme des plans de sauvetage. Peu ou proue, c’est exactement ce qui se passe dans la zone euro depuis 2010 et le premier sauvetage de la Grèce.

Dans un paragraphe de “10, Downing Street”, elle explique ainsi:

“Nous avions des arguments qui pouvaient persuader à la fois les Allemands _ qui s’inquièteraient au sujet de l’affaiblissement des politiques anti-inflation _ et les pays les plus pauvres _ qui devraient savoir qu’ils ne pourraient pas supporter les conséquences de la monnaie unique, qui dévasterait leurs économies inefficaces”.

C’est une chose d’être anti-européen, s’en est une autre d’avoir réussi dès le départ à mettre à jour les faiblesses inhérentes à la construction de la zone euro.

Même les détracteurs de Margaret Thatcher peuvent au moins lui reconnaître sa finesse politique.
 

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