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Première mauvaise nouvelle économique de l’année pour la France

L’année commence avec la publication des principaux indices manufacturiers mondiaux pour décembre. La zone euro, dans son ensemble, confirme son redressement avec un indice qui a atteint un plus haut niveau depuis 31 mois. Des hausses notables sont à constater avec l’Espagne qui repasse en territoire positif et la Grèce dont le PMI est à un plus haut depuis 52 mois, proche du niveau de 50 qui sépare la contraction et de l’expansion.

Seul point noir: la France

Le PMI manufacturier français a reculé le mois passé de 48.4 à 47, soit son plus bas niveau de sept mois. L’indice flash, c’est-à-dire la première estimation, était à 47.1 points. Le recul de la production et des nouvelles commandes explique en grande partie cette contre-performance de l’économie française. En toile de fond, un climat d’incertitude qui demeure, notamment concernant la fiscalité, et qui incite les acteurs économiques à limiter leurs dépenses et leurs investissements. Ce qui serait pourtant nécessaire pour favoriser une reprise réelle du secteur.

L’inquiétude est grande pour deux raisons: la France confirme ainsi son décrochage face à l’Allemagne. Un poids économique moindre du pays va avoir des répercussions indéniables sur sa capacité à influencer l’Europe politique à un moment pourtant crucial. Surtout, la France ne suit pas la courbe générale en Europe qui est à l’amélioration. En témoignent les récents chiffres pour les pays du Sud du Continent. Les fameux PIIGS.

L’illusion du pacte présidentiel

Lors de ses voeux aux Français, le président de la République a présenté sous une nouvelle formule de rhétorique son pacte aux entreprises. Moins de charges mais plus d’embauches en contrepartie. Objectif: inverser la courbe du chômage…lorsque ce sera possible. Il ne fait plus de doutes que le chômage va continuer d’augmenter dans le pays. L’INSEE parle d’un point haut à 11% d’ici le deuxième trimestre, ce qui rapprocherait la France de ses niveaux historiques de février 1997.

Le pacte présidentiel apparait comme une belle formule mais il est peu probable que cela soit suffisant pour inciter les entreprises à investir et à embaucher. L’instabilité fiscale française, fruit d’erreurs de communication bien souvent de la part de l’exécutif, et les perspectives économiques faibles, laissent une marge de manoeuvre très restreintes aux entreprises. Les ménages ne sont pas mieux placés. Une relance par la consommation est impossible.

La France récupèrera les restes de la croissance mondiale

Dans ce contexte, il y a fort à parier que le gouvernement attend surtout une embellie forte au niveau mondial pour que la France récupère les restes. Une stratégie qui est récurrente au niveau de la classe politique. Cependant, on sait que notre pays profite de la croissance mondiale avec retard, et de façon moindre que nos voisins, notamment Allemands ou Italiens. Dans ces circonstances, une croissance à 2% semble presque irréaliste alors que c’est au minimum un tel niveau d’activité qui est nécessaire pour permettre des créations durables d’emplois.

La France se dirige donc vers une situation inextricable: faible croissance s’accompagnant d’emplois principalement subventionnés.

D’où une question latente pour éviter que la France ne soit un pays riche avec une population qui se paupérise massivement: ne faut-il pas revoir notre modèle de croissance?

Les dernières propositions de Jean-Paul Delevoye, à la tête du CESE, constituent quelques pistes de réflexion non pour relancer une croissance forte, ce qui semble difficilement envisageable, mais pour mettre en avant un autre modèle de société. “Une société du partage”.

 

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