Que dirait Keynes de la crise de la zone euro?

Keynes et la Grande Dépression des années 30

La crise de 2008 marque un regain d’intérêt pour la pensée de Keynes. Née dans les années 1920, elle dévoile les effets des politiques budgétaires sur l’activité économique et encourage nos dirigeants à entreprendre depuis les années 1930 des politiques de relance budgétaire pour mettre un terme aux ralentissements de la croissance. La théorie keynésienne apparait pour certains comme un moyen de faire face à la crise économique que nous vivons.

En effet, si l’on se repose sur l’analyse de l’économiste britannique, la crise actuelle suit le cercle vicieux décrit lors de la Grande Dépression de 1929. Keynes avance que c’est le pessimisme des ménages et des entreprises qui nourrit la dépression et pour mettre fin à la spirale négative, il a la solution: il faut se concentrer sur la dépense publique.

En fait, la politique volontariste consiste à soutenir l’activité économique à court terme en faisant jouer le mécanisme keynésien qui veut compenser les dépenses privées timides par un accroissement des dépenses publiques. Le processus est simple: l’augmentation des dépenses publiques engendre des revenus supplémentaires qui sont consommés, épargnés ou récupérés par l’Etat sous forme d’impôts et de cotisations sociales. La consommation alimente la demande intérieure et les entreprises augmentent leurs investissements pour répondre à cette demande supplémentaire. Elles distribuent de nouveaux revenus qui vont permettre au processus de se poursuivre. C’est ainsi que le mécanisme a pu stimuler l’activité économique de l’après-guerre.

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Keynes et la Grande Dépression des années 30

La crise de 2008 marque un regain d’intérêt pour la pensée de Keynes. Née dans les années 1920, elle dévoile les effets des politiques budgétaires sur l’activité économique et encourage nos dirigeants à entreprendre depuis les années 1930 des politiques de relance budgétaire pour mettre un terme aux ralentissements de la croissance. La théorie keynésienne apparait pour certains comme un moyen de faire face à la crise économique que nous vivons.

En effet, si l’on se repose sur l’analyse de l’économiste britannique, la crise actuelle suit le cercle vicieux décrit lors de la Grande Dépression de 1929. Keynes avance que c’est le pessimisme des ménages et des entreprises qui nourrit la dépression et pour mettre fin à la spirale négative, il a la solution: il faut se concentrer sur la dépense publique.

En fait, la politique volontariste consiste à soutenir l’activité économique à court terme en faisant jouer le mécanisme keynésien qui veut compenser les dépenses privées timides par un accroissement des dépenses publiques. Le processus est simple: l’augmentation des dépenses publiques engendre des revenus supplémentaires qui sont consommés, épargnés ou récupérés par l’Etat sous forme d’impôts et de cotisations sociales. La consommation alimente la demande intérieure et les entreprises augmentent leurs investissements pour répondre à cette demande supplémentaire. Elles distribuent de nouveaux revenus qui vont permettre au processus de se poursuivre. C’est ainsi que le mécanisme a pu stimuler l’activité économique de l’après-guerre.

Cependant, déjà en 1973, les néoclassiques ont pris appui sur le choc pétrolier pour contester l’efficacité de la politique budgétaire de Keynes. Les effets néfastes d’un tel mécanisme sont alors étudiés de plus près…

En quoi la situation actuelle diffère de l’après-guerre?

A l’époque des travaux de Keynes, la récession était provoquée par une consommation insuffisante. Il apparait donc essentiel dans un tel contexte de stimuler la consommation des ménages en augmentant les dépenses publiques. La crise économique de 2008 est différente. Même si la situation en Europe pose aujourd’hui des risques qui peuvent être aussi considérables que dans les années 20, il ne s’agit pas de vaincre les séquelles d’une guerre mondiale catastrophique.

Le problème aujourd’hui ne réside plus dans l’unique aggravation de la récession. Ce qui rend la crise économique de 2008 difficile à résoudre, c’est qu’elle pose un problème qui combine l’implosion du financement par l’emprunt, une fracture de l’euro et un déplacement géographique du pouvoir économique.

Et de nos jours les risques aussi sont différents. L’interdépendance des économies est telle qu’une dépression de grande ampleur augmente le risque d’un recul brutal de l’économie chinoise (dont la croissance dans le monde dépend fortement). La propagation du pessimisme pourrait stimuler certains mouvements politiques, comme les néonazis de l’Aube dorée qui ont remporté des sièges au parlement grec lors des dernières élections.

Regardons les choses sous un autre angle. D’un point de vue purement économique, les néoclassiques ont mis en évidence une chose: l’accroissement des dépenses publiques entraine la hausse des emprunts de l’Etat auprès des marchés des capitaux. De ce fait, les taux d’intérêt grimpent et découragent les investisseurs dont la rentabilité est insuffisante face au coût de l’emprunt. L’accumulation des déficits budgétaires gonfle la dette publique et l’Etat, qui fait face à un taux d’emprunt plus élevé, subit le poids d’une dette insoutenable à long terme par rapport à ses recettes.

C’est ce qui se passe en zone euro. Normalement, les politiques monétaires influent sur la conjoncture économique mais dans le cadre de l’Union économique et monétaire, les politiques budgétaires en sont devenus le moteur principal. Le pacte de stabilité et de croissance  fixe un seuil maximal de déficit public à 3% du PIB dans un contexte de ralentissement de la croissance et d’une certaine manière, le Traité de Maastricht limite l’utilisation de la politique budgétaire. La crise des dettes souveraines dans les États membres de la zone euro souligne l’importance de ces contraintes.

Les pays qui ont perdu leur crédibilité budgétaire, comme l’Espagne et la Grèce, ont deux solutions pour la reconquérir: mettre en commun leurs ressources ou entreprendre des mesures d’austérité pour réduire le déficit et retrouver des taux d’emprunt accessibles. Or, ce que l’on constate dans ces pays, c’est que la politique de réduction du déficit entraîne une diminution de la croissance, ce qui tend à accroître ce déficit. C’est donc là l’inverse du mécanisme keynésien. La mise en commun des ressources au sein de la zone euro ne séduit pas les Etats européens. Ils sont à présent contraints de trouver un moyen de restaurer cette crédibilité pour bénéficier de taux d’intérêt peu élevés et soutenir la croissance.

De plus aujourd’hui, contrairement à l’ère keynésienne, un autre facteur est à prendre en compte: la mondialisation. L’ouverture croissante des économies dirige les consommateurs vers des productions étrangères et stimuler la consommation n’encourage que faiblement l’investissement des entreprises nationales.

Ce sont là les raisons qui font que la politique budgétaire volontariste tend à être vertement critiquée dans le contexte économique actuel.

Héritage keynésien: ce qui peut être applicable et ce qui ne peut pas l’être

Est-il possible qu’un homme qui a élaboré ses théories dans un contexte d’après-guerre puisse encore résoudre les problèmes contemporains? La réponse est la suivante: “Si nous nous accrochons à des panacées du passé, nous risquons de perdre la civilisation dont nous avons hérité” avance John Gray, philosophe.

Certains économistes se demandent à juste titre si Keynes serait en mesure de reconnaitre ce que nous définissons à notre époque comme keynésien. En effet, pour neutraliser les menaces qui pèsent sur l’ordre planétaire, ses disciples critiquent l’austérité et insistent sur l’importance de redonner à l’économie mondiale son dynamisme. Difficile d’attribuer à l’économiste britannique une vision aussi simpliste car aujourd’hui, comment ne pas réduire les dépenses publiques alors que l’emprunt est coûteux et que l’économie s’enfonce continuellement dans la récession? Pour rétablir la croissance, ils croient fermement qu’il faut appliquer ce que le théoricien avançait dans les années 30 et encouragent les gouvernements à emprunter d’avantage pour investir dans les travaux publics.

En regardant la crise économique s’établir dans la durée, ce qu’il faudrait faire apparait évident : repenser les bonnes conditions de vie dans un contexte de faible croissance. Keynes était un avant tout un ingénieur social. Que penserait-il d’une situation dans laquelle nos dirigeants vont dangereusement à l’encontre du sentiment populaire…Ses préoccupations ont toujours placé l’économie au second rang, derrière la sauvegarde des civilisations menacées par la crise de 1930. La primauté de la condition humaine sur l’accomplissement économique a été le fil conducteur de sa réflexion. C’est dans ce sens que Keynes reste à prendre.

 

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