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Revue économique mensuelle : La zone euro

Les traders ont décidé d’éviter la monnaie unique sur le marché des changes après la dernière conférence de presse du président de la BCE. Cela est compréhensible dans la mesure où il a revu à la baisse les perspectives d’inflation et de croissance de la zone euro. Va t’elle si mal ? C’est ce que nous verrons dans cet article.

Croissance
La lecture préliminaire du PIB du deuxième trimestre 2015 a montré une période d’expansion de 0,3% soit un rythme de croissance un peu plus lent que celui observé au trimestre précédent (+0,4%), de quoi déjà décevoir les traders.
Pourtant, une expansion est toujours mieux qu’une stagnation ou une contraction et cela fait tout de même 9 trimestres consécutifs de hausse dans la région. Sur une base annualisée, le PIB a progressé de 1,2%. La reprise en zone euro est donc encore loin d’être terminée.
Parmi les principales économies de la zone, l’Allemagne enregistre une augmentation de 0,4%, l’Espagne d’1% et l’Italie de 0,2%. Seule la France a stagné à 0.

Emploi
Le taux de chômage de juillet a chuté à 10,9% après trois mois de stagnation à 11,1%. Il s’agit de son plus bas niveau depuis février 2012.
Parmi les grandes économies de la zone euro, l’Allemagne reste en tête avec un taux de 4,7% et la France et l’Italie toujours un peu à la traine avec respectivement 10,4% et 12%. L’Espagne est cependant bien derrière avec 22,2% et la Grèce encore plus loin à 25%.

Dépense de consommation et sentiment des consommateurs
Le consommateur moyen n’est pas vraiment au mieux de sa forme depuis la publication dans le rouge de l’indicateur de confiance des consommateurs de la Commission européenne du mois d’août -6,9 même si le chiffre est meilleur que celui du mois précédent (-7,2).
Le volume des ventes au détail de juillet a progressé de 0,4% de mois en mois et le chiffre de juin a été révisé à la hausse, il est passé de -0,6% à -0,2%. La hausse du volume des ventes est attribuable à l’augmentation de la demande de carburant de 0,8% et à une hausse de 0,2% de la composante « alimentation, boissons, tabac ». D’année en année, le volume des ventes au détail a augmenté d’environ 2,7% soit un bien meilleur chiffre que le précédent situé à 1,7%.


Climat des affaires

La fabrication Markit PMI d’août a été inférieure à la précédente, 52,4 à 52,3. Sur une note plus optimiste, l’emploi manufacturier a augmenté à son rythme le plus rapide depuis quatre ans, il y a donc de bonnes chances de voir des données relatives à l’emploi et aux dépenses de consommation s’améliorer au mois d’août. Parmi les grandes économies de la zone euro, l’Allemagne est passée de 51,8 à 53,3, l’Italie de 55,3 à 53,8, l’Espagne de 53,6 à 53,2. En France, le secteur est toujours en contraction 49,6 précédemment, 48,3 aujourd’hui.
Certains indicateurs d’activité, comme le SenTix ou l’indicateur du climat des affaires de la Commission européenne, ont en plus enregistré une baisse.
La nouvelle positive est venue des services, l’indice PMI Markit est en effet passé de 54 en juillet à 54,4 en août soit le 25ème mois consécutif de hausse.
Inflation
L’inflation est restée stable en août à 0,2%. Si les prix de l’énergie ont fait naufrage, ils ont été compensés par les services restés stables à 1,2% et par la nourriture, l’alcool et le tabac qui sont passés de 0,9% à 1,2%.

Résumé et potentiels effets sur le forex
Les dernières données venues de la zone euro ne semblent pas si mauvaises que cela. La reprise semble cependant encore en cours. Si les indicateurs d’activité ont légèrement fléchit, le PMI laisse entendre que des améliorations de l’emploi et des dépenses de consommation sont à venir. Cela pourrait suffire à convaincre les traders de charger sur l’euro.
La légère révision à la baisse des projections de croissance et d’inflation de la BCE pourrait continuer à mettre la pression à la vente sur l’euro mais il y a de fortes chances que ces derniers aient déjà intégré ce facteur.
Si les traders deviennent, cependant, trop optimistes sur la reprise en zone euro et se mettent à en acheter de manière conséquente alors on pourrait assister au cercle vicieux suivant : des importations moins chères, des exportations plus faibles, des projections de la BCE qui se valident et au final, une menace sur la reprise encore fragile de la zone euro.

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