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Tiercé gagnant : dollar canadien, euro et real

Un peu de frilosité a emporté le marché des changes en début de semaine, dans l’attente de l’intervention semestrielle du président de la Réserve Fédérale, Ben Bernanke, devant les parlementaires américains. Cette frilosité fut confirmée avec les résultats désastreux de Morgan Stanley qui ont permis aux valeurs refuge d’accumuler les gains. Cependant, le rebond des indices boursiers qui a suivi a rapidement fait perdre du terrain au dollar et au yen au profit des monnaies des pays émergents et des monnaies jugées habituellement à risque. Le tiercé gagnant de la semaine fut incontestablement le dollar canadien, qui a poursuivi son renforcement, le real brésilien qui a atteint de nouveaux sommets et la monnaie unique qui a confirmé sa place sur le marché des changes.

L’euro – La monnaie unique européenne est l’une des grandes gagnantes de la semaine puisqu’elle semble avoir conforté sa position sur le marché des changes. En léger repli en début de semaine, l’euro s’est repris avec le rebond des Bourses et notamment la hausse du Dow Jones qui a passé les 9000 points suite à l’annonce de bons résultats des entreprises américaines. Depuis plusieurs mois, l’évolution de l’euro est particulièrement liée à celle des indices boursiers. Les analystes du marché des changes se sont toutefois inquiéter des perspectives d’évolution de l’euro, redoutant que le rebond de la devise de la zone euro soit plombé par la publication des indices PMI et Ifo. En fait, il n’en fut strictement rien puisque ces deux indicateurs macroéconomiques pour la zone euro se sont affichés en forte hausse ce qui a permis de conforter les cambistes dans leur choix d’investissement sur le marché des devises.

Le dollar – Le dollar a profité de la prudence des cambistes en début de semaine pour enregistrer des gains. L’intervention de Ben Bernanke devant le Congrès américain, pendant un marathon de deux jours, a laissé les investisseurs dans la perplexité. Bien qu’il ait reconnu une stabilisation des marchés financiers et ait souligné des signes encourageants, il a notamment exprimé sa crainte que « la stabilisation récente de la consommation ne se révèle éphémère » à cause des inconnues pesant sur l’emploi, le crédit et le marché de l’immobilier. L’annonce d’une perte de 1,25 milliards de dollars de la banque américaine Morgan Stanley au deuxième trimestre a également accentué la prudence des investisseurs du marché des changes. Toutefois, la tendance s’est rapidement inversée puisque l’aversion pour le risque a reculé dès le milieu de semaine du fait du rebond de la Bourse. L’optimisme a évidemment désavantage le billet vert qui a terminé la semaine en déclin face aux autres monnaies. Un autre coup dur fut porté également par le Mercosur au dollar. En effet, le Conseil du marché commun de l’organisation a décidé d’abandonner le dollar au profit des devises locales afin de régler les échanges commerciaux dans la région. Précurseurs, l’Argentine et le Brésil avaient déjà, dès 2008, mis en place une telle mesure. Cette mesure a surtout une portée politique, visant à rappeler à la nouvelle administration américaine la volonté d’indépendance de l’Amérique Latine vis à vis de Washington. Une manière de rompre avec la doctrine Monroe.

Le yen – A l’instar du dollar, le yen est une valeur refuge souvent plébiscitée par les investisseurs en cas d’incertitude économique. Toutefois, le yen a beaucoup moins profité que le dollar du mouvement de repli sur les valeurs refuge du début de semaine. Bien que la publication des minutes de la dernière réunion de la Banque du Japon ait contribué à rassurer les investisseurs sur les perspectives économiques dans l’archipel, l’incertitude politique a contribué à peser sur le taux de change du yen. En effet, des législatives anticipées sont prévues et elles pourraient marquer un tournant historique pour le Japon qui fut aux mains de la droite pendant plus de cinquante ans. Cette  alternance politique effraye quelque peu les investisseurs, à tort, car selon les experts politiques aucun changement majeur au niveau de la politique économique ou monétaire ne devrait intervenir.

Le dollar canadien – Poussé par la hausse du prix des matières premières, notamment par la hausse du baril de pétrole et de la demande de cuivre, le dollar canadien a poursuivi cette semaine son renforcement face aux autres devises, franchissant le seuil de 90 cents américains en début de semaine. Le dollar canadien fut également porté par les propos de responsables de la Banque du Canada qui ont estimé que le pays est en train de sortir de la crise et que l’économie canadienne devrait renouer avec la croissance dès le troisième trimestre.

La livre sterling – Contrairement aux autres devises, la livre sterling a profité de manière très mesurée du retour de la confiance sur le marché des changes. Plusieurs facteurs expliquent en fait la faiblesse de la devise britannique. D’une part, les perspectives économiques sont inquiétantes, sachant qu’en plus le pays fait face à une véritable épidémie de grippe A qui semble dépasser les pouvoirs publics. Selon certaines études, d’ici à l’automne, près de 30% de la population britannique pourrait être touchée, sans que les pouvoirs publics ne semblent prêts à affronter une telle crise qui devrait avoir un impact économique important. D’autre part, plusieurs nouvelles sont tombées notamment un article du Daily Telegraph affirmant que les banques britanniques ont besoin de lever de nouveaux capitaux pour surmonter la crise ce qui a contribué à un mouvement de défiance vis à vis de la livre sterling.

Le real brésilien – Propulsé à de nouveaux sommets grâce à l’enthousiasme régnant sur le marché des changes, le real brésilien, qui poursuit son renforcement depuis le début de l’année, a atteint un plus haut depuis le 26 septembre dernier face au dollar, à 1,88 real pour un dollar, confirmant aux investisseurs que la devise brésilienne offre de nombreuses opportunités.

Le yuan – La devise chinoise a un statut un peu à part sur le marché des changes. Régulièrement, les responsables américains dénoncent, à juste titre, la sous évaluation du taux de change du yuan par rapport au dollar. Un rapport du FMI sur l’économie chinoise a en tout cas salué les efforts de Pékin pour libéraliser le taux de change de sa devise, étape nécessaire si le régime chinoise escompte faire du yuan une devise de réserve internationale. Bien que des efforts supplémentaires doivent être accomplis, le yuan s’est apprécié de 5% face au billet vert sur un an en mai.

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